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Viens, on va parler!


Bertrand Cantat est de retour...

« Bertrand Cantat est de retour ». A elle seule cette phrase crée aujourd’hui chez une majorité de femmes, et quelques hommes aussi parfois, un frisson. Un frisson, logique pourtant à sa base, mais qui du même coup percute de plein fouet un creuset anormalement et spectaculairement exprimé de sentiments de haine, de dégoût, de colère. Une telle phrase, c’est comme remplacer un prénom et un nom par « La Bête Immonde ». S’ensuivent les déchaînements de propos tous plus haineux les uns que les autres. Des témoignages virtuels, confortables au fond, bien planqués que sont tous ces fantômes anonymes en mal de sensations fortes, assoiffés de scandales, derrière leurs pseudos et leurs écrans. Internet est devenu une arène romaine, une fosse aux lions.

 

Cela me gêne et me dérange. Pas qu’on puisse être choqué ou ulcéré. On en a parfaitement le droit. C’est compréhensible, surtout si l’on a soi-même vécu des situations de violences conjugales. Ce qui me choque c’est de se trouver l’excuse de la virtualité pour se déchainer. A plus forte raison lorsqu’on ne sait pas, ou en tout cas pas tout, des événements et des gens. Lorsqu’on n’a qu’un seul son de cloche et qu’on ne veut pas considérer d’autres opinions, qu’on ne veut pas chercher plus loin.

 

C’est le problème de nos sociétés sur-connectées et « virtualisées », où le quant-à-soi n’existe plus.

 

C’est aussi un problème sémantique. Aujourd’hui on emploie à tort et à travers des mots sans plus faire attention à leurs véritables sens. Et même sans les connaître parfois. Pourvu qu’on puisse se délivrer en crachant son fiel.

 

Dès 2012, lorsque Bertrand Cantat s’était lancé en groupe avec Detroit, on y avait eu droit. « Assassin », « meurtrier », « crime », « meurtre », « assassinat ». Ces mots revenaient déjà constamment, partout, comme une mauvaise ritournelle.

 

Pourtant, il est absolument inexact d’employer ces mots. Petit cours rapide de sémantique juridique rien que pour vous !

 

Au sens de la loi, un assassinat est un acte commis avec préméditation. Toujours au sens de la loi (j’insiste bien là-dessus car, jusqu’à nouvel ordre, la loi prévaut sur les émotions et les sentiments), un meurtre est le fait de donner volontairement la mort à autrui. Si vous vous penchez sur le Code Pénal, vous retrouverez sans peine ses définitions et tout ce qui s’y rattache.

 

Je vous le dis tout net avant de continuer : je ne cherche pas ici à le dédouaner, l’excuser, à l’idéaliser ou pardonner. Il y a des gestes qui, peu importe comment, par qui et pour quoi ils sont arrivés, ne se pardonnent pas. Ou alors avec une grande force d’esprit et une grande foi, après des années de travail sur soi. Ce que, pour ma part, je ne me sens pas a priori de faire. Mais je voulais m’exprimer sur ce sujet parce que beaucoup de choses me semblent tout de même injustes dans le traitement qu’on réserve à cette « affaire ».

 

J’ai aimé Noir Désir, j’ai admiré Bertrand Cantat, l’Artiste, pour ses idées, ses combats. J’ai aimé l’homme aussi pour ce qu’il était physiquement, pour l’aura indéniable qu’il dégage, il faut bien que je sois honnête. J’aime toujours Noir Désir et je continue à aimer, suivre et adhérer volontiers au travail de Bertrand Cantat, l’Artiste. Il a été, est et restera l’une des plus belles plumes et voix du rock français, quoi qu’on dise. Mais il ne m’est évidemment plus possible d’adhérer à autre chose que sa part artistique.

 

Cependant, il faut voir une chose en face : on a érigé injustement et maladroitement Cantat en porte-drapeau des violences faites aux femmes. Il en est devenu le symbole, malgré lui. Il est soudainement devenu une cible générale sur laquelle on s’est octroyé le droit de décocher toutes les flèches, au nom de tous ceux qui exercent ou ont exercé des violences sur leurs compagnes ou femmes. Mais de quel droit fait-on ça ? Il y a autant de types de violences qu’il y a de types d’individus violents. Le problème est bien plus profond et complexe qu’il n’y parait. Chacun d’eux mérite donc un traitement différencié. Aucune violence ne se ressemble, tant par leurs origines que par leurs causes, leurs motifs. Si tant est qu’on puisse en trouver un, alors même que rien, bien évidemment, ne peut justifier son usage. Nous serons au moins d’accord là-dessus. Même Cantat lui-même ne s’explique toujours pas son geste.

 

Mais des Cantat, la France et même le monde en sont remplis. Tous les jours depuis la nuit des temps, des personnes meurent sous les coups (intentionnels, ceux-là) de leurs conjoint(e)s sans un mot, sans une annonce, sans une publicité. Et parfois même ils recommencent sur d’autres, et puis d’autres… Sans jamais être démasqués ni condamnés, des années durant. Le seul « tort » qu’on puisse imputer à Cantat ici c’est d’être un personnage public, médiatique, donc plus facile et rapide à atteindre et détruire.

 

Sur la question de la violence virtuelle, se pose aussi la question de la réponse. Alors que Cantat a interdiction d’évoquer publiquement l’affaire et qu’il s’y tient, depuis des années le public autant que les médias ou la famille Trintignant et les amis de celle-ci ne se privent pas, dès que cela leur est possible, de cracher leur haine, que ce soit par médias, livres ou émissions interposés. Il est facile mais très limite de descendre quelqu’un qui n’a aucun droit de réponse. Facile oui, puisqu’il est persona non grata partout désormais. Pire, certains propos pourraient passer pour de la diffamation. Par respect pour cette notion d’égalité qui m’est chère, cela me gêne énormément. Et pour faire monter la sauce et exciter les haines, on peut compter sur la bien-pensance médiatique qui se fait une joie de relayer des propos venus deci delà pour faire leurs choux gras de ce que j’appelle leurs torchons. Quitte à en rajouter des couches et des couches, transformer ou inventer des éléments avec quelques aides complices. A ce titre, je vous recommande de regarder et écouter cette interview très instructive et constructive de Xavier Cantat. Le frère de Bertrand Cantat s'exprime dans feue l'émission de Thierry Ardisson, « Tout le monde en parle ».

 

Dans cette intervention, Xavier Cantat expose entre autres un fait qui me parait intéressant. Vous regarderez la vidéo pour avoir les termes exacts mais la question qu’il pose se résume ainsi : pourquoi est-il à ce point inconcevable pour les gens qu’une femme puisse être à l’origine d’une dispute ? Allant plus loin encore, il poursuit avec cette question qui complète la première : pourquoi est-ce tout aussi impossible d’entendre qu’une femme puisse porter les premiers coups dans une dispute ? Voilà une interrogation qui mérite qu’on s’y attarde. Oui, une femme peut aussi porter des coups la première sur un homme, c’est une réalité. L’homme va répondre à cette violence. Mais alors une femme qui frappe est condamnable à la même hauteur qu’un homme. La pulsion qui incite irrésistiblement à frapper et qui ne peut être contrôlée est condamnable, qu’on soit un homme ou une femme.

 

On peut parler ici de Jacqueline Sauvage. Oui, elle a été maltraitée durant plus de quarante ans par son mari. Fait hautement condamnable. Mais est-ce que se faire justice soi-même en tuant son mari était la meilleure solution ? Elle a tué, elle a eu une condamnation. Puis a été graciée, compte tenu des circonstances. Elle a subi la violence, mais elle l’a redonnée aussi, de manière irrémédiable.

 

La violence est condamnable des deux côtés, à plus forte raison que la force entre un homme et une femme est de toute façon complètement inégalitaire, déséquilibrée. Rien ne peut justifier un pareil geste, qu’il soit initié par l’homme ou la femme.

 

Toujours dans mon but de ne taper ni favoriser l’un ou l’autre, si Bertrand Cantat a un problème psychologique manifeste, Marie Trintignant n’était pas pour autant une oie blanche exempte de tout vice ou défaut. Mais je ne vous apprendrai rien puisque cela est de notoriété publique. Encore faut-il l’admettre.

 

Tout cela me rappelle l’histoire de l’hystérie, dont on avait décrété qu’elle était une « pathologie exclusivement féminine » durant l’Antiquité (hystérie venant du grec et signifiant « utérus »). Alors que bien plus tard, au XIXème siècle notamment, grâce aux efforts de Charcot et Freud entre autres, il a été démontré que l’hystérie touchait aussi les hommes.

 

Ici c’est exactement le même raisonnement.

 

A mon sens, on oublie également un peu trop vite la notion de passion destructrice. Il apparaît évident, au travers de différents témoignages, que Marie Trintignant et Bertrand Cantat s’aimaient vraiment. Follement. Et c’est bien là le noyau du problème. L’amour passionnel, fou donc, peut être destructeur. Or il faut bien comprendre que c’est un mode de fonctionnement à part entière et que certains couples sont incapables de s’aimer autrement. C’est un mode de fonctionnement qui peut finir par créer ce genre d’accidents. Il semblerait que ce fut leur cas. Et personne ne peut rien y faire.

 

Beaucoup, je le sais, sont attachés à la notion d’humanité. Mais étonnamment, lorsque ressort le nom de Bertrand Cantat, on l’oublie bien vite. Pourtant, je suis persuadée que oui, ceci était un banal accident, une bagarre, un malheureux fait divers. Mais qui s’est mal terminé. Bien qu’on veuille balayer d’un revers de la main ces hypothèses, parce qu’elles sont trop gênantes pour notre psychisme et pour ce qu’autrui pourrait penser de nous si l’on avançait un argument autre que celui qui est socialement admis.

 

Au final, qu’on le veuille ou non, Bertrand Cantat reste un homme. Avec son passé, ses actes, son vécu. Avec ses zones d’ombre, son caractère, ses mystères. Ses qualités aussi (parce que, ne vous déplaise, tout n’est jamais tout blanc ou tout noir. Chez personne, vous comme moi). Marie Trintignant de même. Les victimes collatérales je ne reviendrai pas dessus, on les connaît toutes. Et c’est bien triste, oui, c’est infiniment vrai. Si vous n’arrivez pas malgré ça à intégrer cette notion d’humanité, alors il serait temps de repenser à la remise en place des supplices moyenâgeux ou de la peine de mort. Ça vous choque ? Pourtant c’est bien la mort qu’on lui souhaite souvent, voire qui lui est franchement recommandée. Et la peine capitale semble le moyen le plus rapide et sûr pour arriver à ce résultat… Cet homme vit et vivra désormais toute sa vie avec ses remords, ses regrets, ses fantômes, ses propres incompréhensions. Voilà, pour la peine capitale, on y est, rassurez-vous !

 

Je vous encourage également à lire cet article du journal Le Parisien. C'est un entretien avec le juge même qui a fait libérer Bertrand Cantat il y a 10 ans. Il s’exprime suite à la récente parution du célèbre magazine Les Inrockuptibles, y présentant l’Artiste en couverture.

 

 

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Dans cet article, parmi toutes ses paroles, le juge soulève quelque chose d’intéressant : il parle de « dictature de l’émotion ». Il apparait tout à fait exact d’employer ce terme. Pour parler de ça, il conviendrait de garder la tête froide, de rester neutre, laissant de côté haine et complaisance. Je crois en effet que lorsqu’une telle d’affaire éclate, la plupart du temps elle sera jugée uniquement par le prisme de l’émotion, ce qui induira inévitablement un jugement plus que violent. Et donc une erreur. Emotions et impartialité ne font jamais bon ménage, personne ne pourra me contredire là-dessus. Bien qu’il soit normal de réagir viscéralement à une chose aussi atroce et face à laquelle on reste démuni. Qu’il apparaisse en grand sur la couverture, OK, je conçois que ça puisse déranger les plus sensibles. Mais qu’on veuille l’empêcher, ou qu’on souhaite simplement qu’il ne puisse plus exercer son Art à travers la production de CD ou de la scène… Il a payé, il paie encore et paiera toute sa vie. Il a bénéficié des mêmes droits et procédures qu’un détenu lambda. La réinsertion sous conditions strictes est un droit, il y a été éligible. Il aurait été jardinier, on ne verrait pas le problème. Mais encore une fois, il est musicien, il est connu.

 

Vous ne l’aimez pas ? Ne lisez pas ce qui parait à son sujet, n’achetez pas ses CD, n’allez pas le voir en concert ! C’est pourtant d’une logique simple, facile et déconcertante, non ?

 

Dernière question-réflexion et je vous laisse : prenez la même histoire mais inversez les rôles des protagonistes. Alors maintenant, la femme dans cette histoire, c’est quoi ? Une héroïne ?... Pensez-y bien fort, réfléchissez au sens de cette interrogation et concluez, si vous le pouvez…


27/10/2017
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GPA ou l'impossible débat

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En décidant de rédiger un article sur ce sujet, je sais pertinemment que des voix vont s'élever, des dents vont grincer, des dos vont peut-être même se tourner. Mais peu m'importe. Je crois qu'à un moment, il faut avoir le courage de ses opinions, il faut savoir les assumer devant les autres, et tant pis si l'on perd des gens en route. Je suis capable d'entendre les arguments adverses, je ne les cautionne absolument pas, mais pour autant, je n'empêche personne de s'exprimer sur le sujet. Alors j'aimerai que l'inverse soit fait aussi. Après tout, les couples en demande ne sont pas des monstres d'irresponsabilité et la mère porteuse (c'est moche je trouve comme terme, mais c'est ainsi qu'il faut l'appeler) n'est pas une femme en détresse multiple.

 

Devant le soulèvement provoqué par la dernière affaire en date avec ce couple d'Australiens, je ne pouvais plus me taire.

 

Parce que oui, je l'affirme, je suis complètement pour la GPA (et ce, que cela concerne les hétéros ou les homos). Et je trouve que, à l'instar d'autres pays, la France a sur ce sujet un énorme retard (comme sur beaucoup de choses d'ailleurs, me direz-vous). Le seul progrès, si tant est qu'on puisse le nommer ainsi, que la France ait consenti, c'est d'inscrire un enfant né de cette façon dans les registres d'état civil, ce qui n'était pas le cas avant. Mais ne rêvons pas, elle l'a fait uniquement parce qu'elle a été condamnée pour cela. J'ai l'espoir, peut-être naïf, de croire que cet acte posé puisse maintenant ouvrir la porte à d'autres progrès. Mais avec cette interdiction, c'est tout le droit français qui est à revoir. Parce que se cacher aussi fortement derrière le bien-être de l'enfant, quand même, moi, ça me laisse perplexe...

 

J'entends déjà certains ou plutôt certaines rétorquer: "Un ventre n'est pas à louer! On ne fait pas de commerce lorsque cela concerne un enfant! C'est immoral et insensé! Mon corps m'appartient!" etc, etc, etc... Et l'adoption, qu'est-ce donc? Ce n'est pas du commerce?! Laissez-moi rire! L'adoption, en définitive, ça donne juste bonne conscience. 

 

Vous voulez que je vous dise ce que je trouve immoral et insensé? C'est l'étroitesse d'esprit par laquelle s'illustrent bon nombre de français aujourd'hui. C'est aussi l'ignorance avec laquelle ils parlent de cela, sans s'être véritablement renseignés, et surtout sans être aucunement concernés. Parce que oui, il me semble que, pour nombre de ceux qui sont contre, il y a beaucoup de gens qui ont eu ou sont en tout cas en capacité d'avoir un enfant.

 

D'un autre côté, accordons-leur le fait qu'ils ne peuvent pas connaître la douleur de ne pouvoir enfanter... Quel manque de bol, non?! C'est pourtant un sentiment si prenant, qu'il serait utile de le connaitre, pour ouvrir l'esprit...

 

Reste que, à interdire cela, ce seront toujours plus de couples qui se tourneront vers des pays qui autorisent la GPA, et s'y rendront afin de pouvoir réaliser leur désir de parentalité. ET ILS AURONT RAISON!

 

Mais les opposants parlent de dérives. Je  vais vous faire plaisir sur ce coup-là et dire que vous avez raison! Les dérives arrivent... par l'interdiction!!! Bizarre, non?! Mais c'est comme pour toute interdiction finalement.

 

Parce que beaucoup de couples en mal de parentalité sont près à se tourner vers n'importe qui et n'importe quel pays pour cela. Alors qu'il existe des pays et des agences sérieuses pour s'occuper d'eux.

 

Sachez aussi (mais je suppose que vous le savez puisque vous connaissez le sujet et que vous vous êtes renseignés!) que, et c'est notamment le cas aux Etats-Unis et dans les pays européens autorisant la GPA (parce qu'encadrée!), les mères porteuses doivent avoir au moins 35 ans, être mariées, avoir déjà au moins un enfant en bonne santé, et ne plus en vouloir. Elles subissent également toute une batterie de tests et examens médicaux pour éliminer les risques de transmission de maladies génétiques et autres.

 

Et le plus important dans tout ça, c'est qu'elles le font VO-LON-TAI-RE-MENT. Personne ne les force. Elles sont au préalable vu par un psychiatre qui leur font signer un papier ainsi qu'à leur conjoint. Adultes conssentants, de part et d'autre d'ailleurs, ça vous parle ou pas?

 

Mais ça, c'est dans le cas des pays développés, bien sûr... Ce n'est pas le cas par exemple pour la Thaïlande.

 

Après, ces femmes le font pour différentes raisons. La plupart le font par altruisme, pour rendre service, parce qu'elles ont la chance de pouvoir enfanter. Quelles qu'en soient les raisons, qui sommes-nous pour juger ces femmes? Ce n'est pas à vous qu'on a demandé un bébé qui ira à un couple désireux, alors de quoi vous plaignez-vous? 

 

Et puis vous qui êtes contre cette pratique: avez-vous seulement vu les procédures et le temps nécessaires pour adopter? En avez-vous seulement conscience? Posez-vous la question de savoir si vous seriez prêts à entamer ce parcours, à endurer l'attente, les entretiens, les jugements (parce que ce n'est que ça finalement) à votre encontre, les questions gênantes et déstabilisantes, trop précises pour se dire que non, elles ne sont pas orientées, etc... Permettez-moi d'en douter.

 

Parlons aussi un peu du don d'ovocytes, qui baisse considérablement d'année en année en France et qui nécessite, tout comme l'adoption, des années d'attente. Si bien que beaucoup de femmes n'en font même plus la demande.

 

Pour appuyer mon opinion, qui ne date pas d'hier, je me range dans les rangs des soutiens à un éminent, courageux et infiniment respectable gynécologue et obstétricien alsacien en la personne d'Israël Nisand. Homme de convictions (quand on s'intéresse de près à son passé et son histoire familiale, il n'y a rien d'étonnant à cela), je crois que par ses fonctions et son expérience, il est très bien placé, le mieux sans doute, pour savoir de quoi il parle. Je suis son parcours, ses prises de position et ses engagements depuis plusieurs années maintenant. Il est la voix de ceux qu'on n'écoute pas. Et vous devriez vous y intéresser de plus près.

 

Je sais que vous ne changerez pas d'avis et ça tombe bien, parce que moi non plus!

 

Au final, si j'avais à choisir un jour entre l'adoption et une mère porteuse, je pense que vous pouvez avoir là une petite idée de mon choix...


07/08/2014
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Le tatouage: embellissement ou mutilation?

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Je ne pouvais pas passer à côté d'un article sur ce sujet passionnant qui me tient à cœur!

 

J'ai découvert bouche bée l'art du tatouage alors que j'avais peut-être 14 ans. Dès cet instant, j'ai juré qu'un jour, moi aussi, je me ferai tatouer...

 

La réflexion a mis du temps à se concrétiser puisque je n'ai sauté le pas que l'année dernière pour un premier tatouage, freinée par la peur de la douleur. Et puis je voulais être sûre du dessin, trace indélébile de ce que je suis (devenue). J'ai récidivé pour un 2ème il y a quelques jours. Mais que n'ai-je pas entendu à propos de cette pratique, de ce milieu et des gens qui y évoluent...

 

Alors dans cet article je déconstruirai les préjugés qui règnent encore trop souvent dans les conversations et les esprits de ceux qui ne connaissent pas.

 

Mais tout d'abord, un peu d'histoire! Passons en revue les principaux courants: avant d'être le tatouage sous la forme sous laquelle on le connait, sachez que cette pratique existe depuis le néolithique.

 

Puis c'est en Égypte que des tatouages ont été retrouvés sur des momies. A cette époque, le tatouage servait à identifier esclaves et criminels.

 

On distingue aussi le tatouage en Polynésie ou en Nouvelle-Zélande, où celui-ci est avant tout une affaire de marque religieuse et d'appartenance à une classe sociale élevée. Tout comme le tatouage chez les indiens d'Amérique, considéré comme un véritable habit.

 

Au contraire de ces peuples, au Japon le tatouage était une marque très mal considérée. Elle signifiait le signe de punition pour les criminels. Il était également signe de mauvaises mœurs.

 

Cet art a évolué au cours des époques pour devenir ce qu'il est aujourd'hui dans notre époque actuelle: un véritable bijou, une seconde peau, une partie de soi, de ce que l'on est.

 

C'est là qu'il est primordial pour moi de déconstruire tout de suite une idée reçue: NON, le tatouage n'est pas réservé qu'aux grosses brutes épaisses, aux motards aux cheveux gras, transpirants, avides de bières et de Johnny Hallyday! NON, les tatoués ne sont pas des gens violents, des métalleux qui écoutent des musiques à vous mettre la tension à 17 à longueur de temps en proférant des injures sataniques!

 

Le tatouage se démocratisent, et alors qu'artistes, sportifs et autres arborent ces dessins, de plus en plus de personnes lambda sautent le pas, à tout âge.

 

Là où certains esprits étriqués et mal renseignés y voient un acte de mutilation du corps, trouvent ça too much, certains autres, dont je suis, ont pris conscience du pouvoir de l'art du tatouage sur l'esprit. Effectivement, avant de me faire tatouer, je n'imaginais pas à quel point franchir ce pas pouvait changer la vie. La mienne en l'occurrence...

 

Étonnamment, je suis vite passée au-delà du phénomène de douleur, pas si importante que ça en définitive. Mais plus que tout, j'ai ressenti les "effets" du tatouages quelques jours après. J'ai commencé à aimer ce que je voyais dans le miroir. Moi qui ai toujours eu du mal avec mon corps, je me suis mise à me trouver "pas mal"! J'étais si fière et trouvais ce dessin si beau, que j'avais l'impression qu'il se voyait même à travers mes vêtements. Cela a été le déclencheur pour commencer à prendre un peu plus soin de moi, notamment par la muscu, pour sinon m'aimer, au moins m'accepter, accepter que je puisse plaire aux autres et essayer de me laisser un peu porter par les choses et les gens, ajouter un peu plus de légèreté dans ma vie.

 

Parce que quoi qu'on puisse en dire, le tatouage est bien plus qu'un art, c'est une philosophie. Ce milieu possède ses codes, son langage, ses musiques, sa façon d'être, de penser et de s'habiller. C'est un monde à part, qui ne ressemble à aucun autre, où personne ne se ressemble et où pourtant personne n'est de trop ou à part, étrange. C'est un monde où les choses vont bien au-delà de la simple apparence.

 

Les plus douillets d'entre vous vont surement me parler de la douleur! Eh bien je vous dirai que mon premier tatouage à l'épaule il y a un an s'est très bien déroulé. Moi qui avais si peur de cette fichue douleur, je dois vous dire que c'est vraiment supportable, léger. Puis je suis passée au tatouage sur le bras il y a quelques semaines. Sans mentir, cet endroit étant un peu plus sensible que l'épaule, c'était un tout petit peu plus douloureux, mais rien d'insurmontable non plus!

 

Je m'étais jurée de ne me faire tatouer qu'une fois. Et puis en sortant du salon la première fois, portée par le professionnalisme et la sympathie, le fun de mon tatoueur, l'ambiance dans ce salon, et parce que je n'avais pas sur moi tout ces symboles qui font que je suis moi, je savais qu'un deuxième serait au programme. Parce que le tatouage messieurs, dames, eh bien c'est addictif! Même la douleur passe au second plan et devient elle aussi addictive, comme si elle faisait partie du "package" d'un moment tatouage réussi.

 

Aujourd'hui j'ai sur la peau les dessins que je voulais, dont j'avais besoin même. Alors pour le moment je ne me ferai pas tatouer autre chose. Mais je suis bien incapable de vous jurer que je ne me ferai plus jamais tatouer!!!

 

Acte important dans une vie, j'attire votre attention pour finir cet article sur le choix du dessin. Il n'est clairement pas à prendre à la légère. Vous le garderez toute votre vie. Demandez conseil au tatoueur qui se fera un plaisir de vous conseiller. Il est extrêmement important aussi de s'attarder sur les normes d'hygiène et de propreté du salon que vous aurez choisi. Le matériel doit être ouvert devant vous, les dates doivent vous être présentées.

 

Avec tout ça, j'espère vous avoir fait changer d'avis sur cet art pour les uns, et donné envie de sauter le pas pour les autres! Dites-moi ce qu'il en est à l'occasion! ;-)


23/03/2014
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"L'affaire" Indochine: entre ferme intention de désinformation et vraie langue de bois...

 

Indochine - College Boy

 

Rêveurs, rêveuses, ce soir c'est un coup de gueule que je viens pousser.

 

En effet, vous n'avez sans doute pas pu échapper à la radio ou à la TV à la polémique née suite à la sortie hier du nouveau clip d'Indochine,  qui illustre leur chanson "College Boy".

 

Avant de le visionner, j'ai pu lire un peu partout qu'il est "choquant", "caricatural", "ultra violent". La curiosité et le réel intérêt que je porte au groupe depuis plus de 10 ans m'ont fait me jeter sur le clip.

 

Verdict: des coups, du sang, des scènes de crucifixion, d'électrocution. Alors oui c'est violent, oui c'est choquant. Mais non, ce n'est pas caricatural. Très loin de là.

 

Quoi que choquant n'est peut-être pas le mot. C'est simplement la triste réalité de jeunes ados victimes de harcèlement à l'école, notamment dans le cadre d'une homosexualité.

 

Vous êtes choqués parce que vous pensiez que ce genre de choses n'existent pas? Pauvres de vous...

 

Alors à ces "culs serrés" qui s'offusquent des réalités d'une société qui va à vau-l'eau, ces gens qui refusent de voir mais qui savent tout, allez dire à une victime que tout ça est caricatural. La leçon de vie qu'elle vous filera en retour vous remettra sûrement vos esprits étriqués et malsains en place.

 

De son propre aveu, Nicola Sirkis sait que son clip, réalisé par le québécois Xavier Dolan, ne peut pas être montré à des enfants. Il ne nie pas, c'est vrai. Mais comme il l'explique clairement, ce clip, bien qu'il savait qu'il choquerait, n'a pas été construit dans ce but ni dans celui de faire du buzz. Chose dont le groupe n'a absolument pas besoin. L'argument de l'outil pédagogique se défend parfaitement, à l'image de ces spots publicitaires de la sécurité routière, bien trop courts d'ailleurs pour marquer le plus petit esprit, aussi évolué soit-il.

 

Par la censure exercée par les médias et surtout par le CSA, c'est flagrant,  il y a une réelle volonté de désinformation de la population, d'entretenir l'esprit "mouton de Panurge" initié sournoisement (pour certains en tout cas, trop bêtes pour s'en rendre compte) depuis bien trop longtemps d'ailleurs.

 

Pour preuve, au Québec le clip n'a pas suscité cette levée de bouclier, et au passage, je crois que ça les fait doucement rigoler.

 

Pour étayer ses arguments, museler la liberté d'expression et le réveil des consciences, le CSA martèle que ce sont "en majorité des adolescents qui écoutent leur musique". Excusez-moi, je vais rire et je reviens! Si Indochine brille depuis plus de 30 ans, ce n'est pas que grâce à des ados!

 

Par contre, voir des rappeurs proférer des insultes, des paroles haineuses, avoir des gestes immondes dans leurs clips sur des femmes réduites à l'état d'objet sexuel et qui se trémoussent comme des filles de petite vertu, ça on laisse passer... Et que dire de ces JT qui nous inondent d'images toutes plus horribles les unes que les autres. Bien plus horribles... Parce que pour manipuler et monter en épingle des choses qui n'ont pas lieu de l'être, il n'y a pas plus efficace que les médias... Drôle de société qui, en plus de désinformer, se trompe de cible. Pire encore, pratique au nez des citoyens une langue de bois insultante.

 

Pour imprimer une idée dans l'esprit des gens, les faire réagir, penser, bouger (peut-être), il n'y a que les images chocs qui puissent fonctionner. Pour preuve: quand a-t-on parlé de harcèlement à l'école récemment? Je ne m'en souviens plus, ça doit remonter à loin et ça n'a pas du avoir une portée conséquente... Comme quoi, on parle, on parle... et puis quoi après? Rien. Le néant. L'oubli, la solitude et les souffrances au bout d'un tunnel parfois infini, sans lumière au bout. Ou tout juste celle qui vous signale que vous êtes sur le point de passer de l'autre côté.

 

Mais avec tout ça, l'aspect esthétique a été complètement oublié. Et il n'y a rien à en dire, du moins ce sera bref, puisque la réalisation est soignée et surtout les images véhiculent des messages forts, avec ce noir et blanc qui intensifie tout.

 

Si vous lisez cet article, comme d'autres sur la toile, je vous prie de bien réfléchir avant de choisir de partager telle ou telle opinion. Il y a péril (jaune) en la demeure si nous ne nous réveillons pas. En tout cas aussi longtemps qu'Indochine existera, les choses seront dénoncées avec toute la poésie qu'on connait à Nicola et je serai là pour les écouter... Go, les boys, go. Vous avez eu raison d'oser. Merci pour ça...


03/05/2013
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10 Avril 2012: Décider de mourir, « ça se discute », c’est « toute une histoire », mais au final « c’est mon choix »!

 

Avant de commencer, et histoire d’introduire le sujet tout en légèreté,  je vous demande de m’excuser pour la facilité du titre de cet article et du même coup, de m’excuser également pour mes références télévisuelles!

 

Pour autant, après avoir vu ce soir un reportage sur la mort de l’ancien président français François Mitterrand au JT, je me demande quand va cesser cette hypocrisie qui règne autour du sujet relatif à la fin de vie. Et ce d’ailleurs qu’on soit un illustre personnage ou pas. Je dirai même que le sujet prend toute son importance surtout lorsqu’on est un citoyen lambda. Dois-je comprendre par là que la vie d’un personnage connu vaut plus qu’on se penche sur son sort qu’une « personne du peuple »? Voilà déjà quelque chose qui me chiffonne…

 

Je n’exposerai ici que mon humble avis sur le sujet.

 

En premier lieu, je trouve que ce terme « euthanasie » n’est pas approprié pour un être humain. Déjà que pour un animal j’ai du mal, mais là, je trouve ça violent, inhumain. Je préfère largement parler de « droit de mourir dans la dignité » ou d’ »assistance à la fin de vie ».

 

Etant très impliquée et concernée par ce sujet, j’ai eu la chance de pouvoir en parler avec le président d’une association qui se bat pour cette noble cause. J’en suis régulièrement les (bien maigres) évolutions, j’en parle autour de moi, suis ce qui se fait à l’étranger. D’ailleurs je trouve scandaleux qu’il faille migrer en Suisse ou en Belgique pour espérer trouver l’apaisement dans les derniers moments, cruciaux on le sait. Je trouve que d’infliger ça à des personnes souffrantes et leurs familles constitue une humiliation supplémentaire. Au lieu de pouvoir profiter simplement, dignement et en toute quiétude de ces derniers instants, il leurs faut gérer de la paperasse, des déplacements. Et surtout de la culpabilité aussi puisqu’on fait tout pour les faire passer pour des criminels.

 

Il faut également, et en premier sans doute, pointer du doigt nos courageux politiques incapables d’imposer ou tout au moins initier ne serait-ce qu’une simple réflexion pour faire tenter d’avancer la chose. Ils préfèrent tout simplement éluder le sujet. Bien sûr que c’est une pratique à encadrer, bien sûr qu’il faut analyser les choses au cas par cas. C’est, au contraire, du manque d’encadrement et de la clandestinité de l’acte que viennent les abus. Mais ça visiblement, ça en dépasse plus d’un.

 

Ancienne étudiante de filière sociale, j’ai pu aussi aborder ce sujet à l’école et sur le terrain. J’ai également voulu, dans la possibilité d’effectuer mon mémoire de fin d’année, en faire mon sujet d’étude. Et déjà là, les écueils étaient nombreux. Je me suis rendue compte à quel point au sein même du milieu médical on ne parlait pas de ça, tant les travailleurs sociaux que les médecins ou les infirmières. Pire même, on ne prend absolument pas en considération la parole du patient. Je me souviens notamment d’une vieille dame qui a clairement verbalisé le fait qu’elle voulait mourir. Gentille stagiaire que j’étais, je m’en vais en parler à ma responsable de stage et à l’équipe soignante. Pour toute réponse, j’ai eu droit à: « Oh ne l’écoute surtout pas, elle délire complètement! »!!!! Tout simplement effarant!

 

Il existe une commission qui « réfléchit » au sujet, comme il existe des commissions internes aux établissements de soins qui « examinent » les demandes des patients qui souhaitent en finir avec la souffrance. Mais il va falloir qu’on m’explique: réfléchir à quoi??? Examiner quoi??? A partir du moment où on sait la situation désespérée, la personne condamnée, souffrante en plus, que cette personne à expressément demander à mourir auprès du personnel soignant ou via un écrit, de quel droit ces gens de l’Intelligentsia médicale peuvent se permettre un quelconque avis contraire à ce choix???  Dans ce contexte, qui sont-ils pour juger que personne ne mérite de mourir, que l’on n’a aucun droit de vie ou de mort sur autrui. Je me dis souvent que j’aimerai beaucoup voir leurs réactions s’il s’agissait d’eux-même ou d’un proche!

 

La seule réponse est-elle vraiment de simplement arrêter de nourrir le patient? Permettez-moi de ne pas y croire et de m’insurger contre cette pratique. Pour le coup, ça je trouve que c’est vraiment de la torture, de la maltraitance.

 

Je parlais plus haut de la culpabilité des familles. Lorsqu’on entend dans les médias les affaires de toutes ces courageuses personnes (membres des familles ou personnels soignants) qui passent devant les tribunaux pour avoir courageusement ôter la vie à un père, une mère, un fils, une fille, je ne peux m’empêcher de penser que ces « hommes de lois » sensés délivrer la justice font tout le contraire. On leur fait bien sentir qu’ils sont coupables d’homicides. Mais eux non plus ne sont à leur tour pas accompagnés, alors qu’il s’agit véritablement d’un acte d’amour. Là aussi il y aurait des efforts à faire.

 

D’autant plus que, ne nous leurrons pas, cette pratique est organisée tout les jours, « sous la veste » malheureusement. Mais c’est déjà ça. Attention, je ne cautionne pas cette clandestinité, mais à défaut de mieux…

 

Pour Chantal Sébire, Vincent Humbert et toutes ces autres personnes ayant bénéficié de ce type d’accompagnement, pour toutes celles à venir (et je garde à l’esprit que cela pourrait être moi), il faut continuer à se battre, à affirmer nos positions.

 

Finalement, prolonger la vie dans quel but quand tout est fini? J’ai la triste impression que c’est juste pour continuer à engraisser les laboratoires pharmaceutiques. La santé (ou plutôt la maladie), tout comme la vieillesse et le handicap d’ailleurs, est un business juteux qu’on fait sur le dos de gens et de familles désemparés…

 

Je n’ai pas demandé à naître, je ne vois pas pourquoi je n’aurai pas droit de décider de ma propre mort…

 

J’ai conscience que cet article pourra peut-être choquer par sa position, mais susciter une réaction c’est déjà bien mieux que de rester là, sans rien faire ou rien penser, voire d’ignorer le problème comme le font déjà si bien certains, ainsi que je l’ai dit plus haut.

 

Mais d’ici à ce que quelque chose soit fait, dormez en paix, le changement n’est pas pour demain… Malheureusement…


27/03/2013
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