jolismots-et-doucesnotes

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Du live et rien que du live!

Si vous cherchez à vivre des émotions fortes, à rire ou à vous émouvoir, si vous aimez vibrer, suivez-moi! Je vous emmène avec moi au travers de mes récits de concerts / spectacles!


Indochine et son 13 Tour: décollage immédiat vers ailleurs

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4 ans se sont écoulés depuis le dernier concert qu'Indochine avait donné dans le cadre du Black City Tour, au Stade de France. Et voilà qu'après la sortie de leur nouvel album en Septembre 2017 ils sont enfin de retour en Lorraine!

 

Je n'avais rien voulu voir ni lire au sujet de ce qui m'attendrait pour ce grand jour, que j'ai décidé de partager avec un de mes meilleurs amis. Je m'attendais à du grand Indochine, et tout a dépassé mes espérances...

 

C'est en covoiturage avec deux admiratrices super (comme quoi, tous les aficionados ne sont pas à mettre dans un même sac!) que nous sommes arrivés sur le lieu d'une soirée qui promettait d'être inoubliable.

 

Nous nous quittons pour nous installer à nos places. Mon ami et moi n'étions pas particulièrement pressés puisque nous attendait le carré PMR, qu'on pourrait apparenter pour l'occasion à la Zone 13 des personnes en situation de handicap! Comme toujours, cet espace a un peu des allures de parc à bestiaux mais bon, on y est bien, la visibilité est top, pas trop loin de la scène. On ne va pas se plaindre, il y a pire.

 

Bien installés et après une longue attente que nous comblons joyeusement en décorant les barreaux de cet espace de ballons aux couleurs d'"Un été français" avec d'autres admirateurs, la première partie démarre. Grand Blanc, groupe messin, ne marquera pas mon esprit. Bien au contraire, il en laissera un, de grand blanc. Comme souvent en ce qui concerne les premières parties, je n'ai pas aimé du tout, assimilant plutôt cette musique à du bruit tous azimuts et sans queue ni tête.

 

Mais ça y est, les choses sérieuses commencent. La soucoupe au-dessus de nos têtes me bluffe déjà. Dès les premières secondes je suis instantanément ailleurs. J'ai décollé du sol, mon esprit divague au milieu de l'Univers. Je n'en dévoilerai pas plus pour garder intacte la découverte pour ceux qui n'auraient pas encore assisté au show.

 

Le Galaxie d'Amnéville, littéralement surchauffé et dans une ambiance de feu dès le décollage, n'aura jamais aussi bien porté son nom que ce soir!

 

Très vite mon esprit se perd et je me retrouve happée dans cette machine, dans un état second. Je n'ai plus aucun repère. Je n'ai plus qu'à me laisser guider par un Nicola plus en forme que jamais malgré une attelle qu'il porte consécutivement à une tendinite. Mais il ne laisse rien paraitre, se déhanche (à presque 59 ans, quel déhanché il a!), plaisante, s'exprime, blague. Il a chanté comme jamais il n'avait chanté jusque-là. Les boys aussi sont très en forme. Ils sont heureux, ça se voit. Pour la dernière date de cette première vague, ils ont semble-t-il décidé de tout donner sans jamais faiblir ni montrer leur fatigue qui pourtant, à n'en pas douter, doit être présente après toutes ces dates enchaînées.

 

J'attendais certaines chansons avec impatience et je les ai eues! "Alice & June" manque toujours de me faire succomber, tant je sens mon rythme cardiaque s'accélérer dès les premières notes. Une sorte d'ivresse me prend à chaque fois et j'aime tellement ça que je ne lutte même pas. C'est au tour de "La vie est belle" de venir nous enchanter. Je n'ai pas pu retenir mes larmes. Elle est magnifique et si pleine de sens pour moi. Plus tard il y aura "Karma Girls", une des plus belles chansons jamais écrite sur l'amitié. Et d'ailleurs, au niveau visuel, c'est cette chanson que j'ai préférée. L'illustration qui l'accompagnait était si belle. Je réussis à filmer "Alice & June", avant que mon appareil photo ne me lâche en plein milieu de "La vie est belle"... Je me maudis de ne pas avoir pensé à recharger la batterie!

 

Entre ces titres, je hurle, j'applaudis à tout rompre, je chante à pleins poumons, je pousse des cris... à rendre jalouse une marmotte en rut!!!! Mes yeux ne savent plus où se poser. Le spectacle est aussi visuel que sonore, avec toutes ces belles lumières qui jaillissent de partout comme d'incessants geysers, ces images qui habillent parfaitement chaque chanson et ces sons qui pénètrent en moi par tous les pores de ma peau dont pas un seul centimètre carré n'est épargné par les frissons. Des ballons géants, des confettis pleuvent à plusieurs reprises sur un public filmé. Les visages émerveillés, heureux et émus passent sans cesse sur écran géant.

 

Mais Indochine ne serait pas Indochine sans quelques messages savamment placés sur le thème des violences faites aux femmes, le droit d'aimer qui l'on souhaite...

 

Lorsqu'on parle d'Indochine, on parle d'une véritable relation d'amour que Nicola entretient avec son public. Comme à chaque concert, si ce n'est plus encore cette fois, nous avons eu mille fois l'occasion de vérifier ça. Nicola se plait à aller au contact des gens. Une main tendue par ici, une bise donnée par là, un regard accroché au hasard de sa progression vers les gradins.

 

Bien sûr, comme sur chaque album et à chaque concert, il chantera, de façon plus intimiste et moins électrique, une chanson pour Stéphane, ce grand absent que personne ne peut oublier... C'est toujours le moment émouvant du spectacle et Nicola ne cache pas cette émotion qui va si bien au grand timide pudique qu'il est. Autre moment émouvant, lorsque Nicola nous laissera chanter "J'ai demandé à la lune" quasiment seuls, avec les lampes de poche de nos smartphones qui donneront une impression de ciel étoilé.

 

A différents moments, il n'aura de cesse de nous remercier, son public, avec des mots et des phrases que désormais nous connaissons tous: "Putain de concert, putain de public! Merci beaucoup Amnéville!". Et de créer l'euphorie pour maintenir la fièvre et relancer la ferveur collective avec ses non moins célèbres "Soooooo!... Shayyyyyyyyy!".

 

"Je ne peux pas croire que dans cette salle, du plus jeune au plus âgé, vous connaissiez absolument tous les titres!". C'est par ces mots qu'il lance la partie des grands classiques qui ont fait le succès indochinois et qui font toujours autant mouche.

 

Après près de 2h30 de show, ils saluent, applaudissent, adressent quelques signes de la main, le sourire accroché aux lèvres. Puis ils disparaissent...

 

C'est déjà fini... Je suis sonnée, abasourdie par ce que je viens de voir et d'entendre. Je n'arrive pas à redescendre. Même en écrivant ces mots pour vous j'y suis encore. En fait je crois bien que je n'ai pas envie du tout de redescendre. Ni de dormir d'ailleurs. Le temps de ramasser quelques confettis pour garder un souvenir de cette magie, et il est temps de rentrer. Ma voix est flinguée!...

 

Heureusement, le 23 Juin 2018 à Nancy arrive à grands pas. Ce concert unique en plein air, où des surprises sont annoncées, promet lui aussi d'être unique et inoubliable. Mais de toute manière, comment pourrait-il en être autrement?...

 

S'il était clair que ce nouvel album s'avère être le meilleur de leur longue carrière, il est désormais certain que ce show restera dans les mémoires comme le plus spectaculaire. Tout y est parfait. Par ailleurs je ne connais pas un groupe français qui, après avoir courageusement traversé les tempêtes, soit à ce jour capable de soulever ainsi une salle de plus de 12 000 personnes et qui ait autant de respect et d'amour pour son public, que ce soit dans la manière de s'adresser à nous ou dans le prix raisonnable des places qui, au regard de la prestation livrée, n'est vraiment pas une arnaque. Indochine est le plus grand groupe de rock français, point barre!

 

Comme il est souvent répété, "Indochine ça ne se raconte pas, ça se vit". J'ai donc essayé de vous raconter modestement pour vous faire vivre les choses. J'espère y être un peu parvenu, même si ça ne remplacera jamais la réalité du moment... Étourdissant, magique, émouvant, explosif, fou... Les mots manquent...


26/05/2018
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Pour l'Amor Fati de Bertrand Cantat

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4 Ans... 4 ans que j'attendais de retrouver sur scène Bertrand Cantat et ses musiciens depuis les deux précédents concerts de Détroit auxquels j'avais eu la chance d'assister. Et bordel, c'est long 4 ans! Mais après la sortie en Décembre de son nouvel album intitulé "Amor Fati", et un report du concert dû à des problèmes de santé de notre Bertrand, ça y est, ENFIN, cette soirée du 19 Mai 2018 tant attendue est arrivée!

 

J'aime bien les concerts. C'est toujours pour moi l'occasion de rencontrer de nouvelles personnes et de créer du lien, pour une soirée ou au-delà. Ce fut le cas hier soir puisque pour me rendre à Nancy j'ai covoituré avec une belle bande, que je tiens ici à remercier, tant pour m'avoir véhiculée que pour la bonne humeur qu'ils m'ont insufflée! Je remercie aussi les autres personnes qui s'étaient manifestées suite à mon appel d'ailleurs.

 

Je craignais, après les récents événements, de trouver sur place un groupe de féminazies déchainées mais non, personne! Juste des amateurs de bonne musique, des gens heureux de venir applaudir un des plus grands poètes du rock français. Je suis surprise et contente de voir des femmes, des hommes, des jeunes, des vieux... et des enfants aussi!

 

Pour ma part, j'ai pris place à l'avant de la scène, à côté des barrières, bien assise sur ma chaise avec une vue imprenable sur la scène. Un peu comme dans mon salon! Là aussi il me faut remercier la salle de L'Autre Canal, non seulement pour avoir eu le courage de maintenir Bertrand Cantat dans leur programmation, mais également pour l'organisation mise en place pour les personnes à mobilité réduite. C'est la troisième fois que je viens et je n'ai jamais été déçue. J'y ai toujours été très bien accueillie, considérée avec égard. Ce n'est pas le cas partout. Beaucoup de salles relèguent les personnes en situation de handicap dans un coin de salle où la visibilité sur la scène est quasi nulle.

 

Le spectacle a commencé avec la première partie assurée par le duo mixte Belfour. Il faut avoir du courage pour assurer une première partie, en sachant que le public ne vous attend pas, que ce n'est pas pour vous qu'il est présent. A ce titre, j'ai beaucoup de respect pour ceux qui s'y collent. J'avoue volontiers que je ne pourrais pas. Malheureusement, peu de premières parties trouvent grâce à mes yeux lorsque je vais voir un concert, et ce duo n'a pas fait exception à la règle. Si je reconnais que la chanteuse a une belle voix et de l'énergie à revendre, j'ai trouvé l'ensemble assez répétitif et je me suis vite lassée...

 

C'est dans une salle surchauffée, remontée à bloc et impatiente qu'apparait le poète. En route pour la joie! Je suis contente parce que d'emblée je le sens en forme. La voix est en place, il est physiquement impeccable.

 

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(Crédits photo: collection personnelle)

 

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(Crédits photo: Delphine Meyer, pour le groupe Facebook officiel "Bertrand Cantat - LE FORUM".

Il manque juste les titres 18 et 19, à savoir "Marlène" et "Comme elle vient")

 

Je trouve même qu'il est encore plus en forme qu'auparavant. Je retrouve la générosité, l'humour et le sourire de celui qui avait guéri quelques blessures, alors que je n'étais encore qu'une adolescente de 16 ans à l'époque. Chaque titre de Noir Désir qu'il chante m'y renvoie instantanément...

 

D'ailleurs, si jusque-là l'ambiance était relativement calme, il a suffit d'un "Tostaky" pour mettre tout le monde d'accord et soulever toute une salle pleine à craquer! J'ai eu mon petit moment à moi, comme à chaque fois que résonnent les premières notes de "Lost", comme cela a été le cas hier. J'ai juste le petit regret de ne pas avoir eu mon autre préférence "A ton étoile". Mais à partir de là, l'ambiance sera encore plus chaude et la température ne redescendra plus.

 

Alors que sur le dernier album certains titres, à l'image d'"Amor Fati" (une de mes préférences!), fonctionnent plus que très bien en live et réveillent les foules, je trouve toujours dingue la ferveur et l'énergie que soulèvent dans la salle les titres de Noir Désir. Ça m'émeut à chaque fois.

 

Quant à moi, lorsque les premières notes de "L'homme pressé" se font entendre, je crains que mon cœur me lâche, tant je m’époumone, assise sur ma chaise à gesticuler, n'osant pas me lever, de peur de gêner les personnes assises derrière moi et qui ne pouvaient malheureusement pas faire pareil que moi.

 

Et puis les deux derniers titres pointent le bout de leur nez, pour arriver à "Comme elle vient", en acoustique, joué sur le devant de la scène. J'adore toujours autant cette version. Je trouve qu'elle finit bien le concert avec la reprise en chœur et en boucle par le public qui scande "Comme elle vient, encore et encore...". C'est un des moments où l'on ressent le mieux la complicité et le respect qu'ils ont tous pour le public devant eux. Je les sens émus, voire impressionnés, comme si c'était la première fois.

 

Dans les toutes dernières minutes, alors que j'applaudis à tout rompre, je m'aperçois qu'à côté de moi est assis un petit garçon, casque anti bruit vissé sur ses oreilles. Émerveillé, il reçoit bisous et baguettes. Je me dis que ça lui fera de chouettes souvenirs pour l'avenir...

 

Et moi, alors que pendant tout le concert Pascal Humbert me regardait en souriant, étant à ses pieds (sans doute a-t-il été amusé par ma fougue!), il se penche vers moi pour me serrer la main, avant que Bertrand ne fasse pareil avec une poignée de main aussi franche! Là, c'est un vieux réflexe d'ado prépubère qui me vient soudainement! Je me consterne moi-même en pensant: "Je ne me laverai pas la main ce soir!"! Heureusement chers lecteurs rêveurs, j'ai grandi!

 

Je repars en faisant un tour par le stand de merch', avec, comme d'habitude, des sons et des images en tête, en espérant pouvoir encore faire un concert sur cette tournée, si d'aventure ils repassaient sur Metz ou Nancy. En espérant tout simplement que cette tournée ne soit pas la dernière...


20/05/2018
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La release party de Dom Colmé... c'était chanmé!

 

 

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Pour bien commencer un sacré week-end, quoi de mieux que d'aller soutenir une personne qu'on apprécie? Raison de plus pour moi d'y aller: Dom Colmé se fait rare en Lorraine. Il fallait donc absolument sauté sur l'occasion! C'est ainsi que je me suis rendue Vendredi soir, le 18 Mai 2018, à l'Aérogare - Station Lothaire, nouveau lieu culturel du quartier du Sablon à Metz. C'est ici que Dom Colmé avait choisi de faire sa release party pour la sortie de son album intitulé "Dans les cordes".

 

Mais c'était surtout pour moi un prétexte pour y retrouver des personnes que je connais bien et que j'apprécie, parfois fortuitement, autour d'un verre. Pour concrétiser des contacts virtuels de longue date aussi, qui signent une belle complicité à venir.

 

C'est avec plaisir aussi que j'ai retrouvé les propriétaires de ce joli lieu. Les locaux qui accueillaient auparavant le Crid'art se sont transformés en salle de concert - bar assez atypique. A l'intérieur, c'est une ambiance chaude et convivial qui y règne. On y voit des sourires sur tous les visages, des sons arrivent de partout. Côté déco, j'ai vraiment beaucoup aimé l'esprit garage vintage, très industriel. A l'extérieur, c'est une belle et immense terrasse qui s'étend et qui donne des allures de guinguette. Vraiment, je vous invite à y aller, Isabelle et Hervé vous accueilleront avec toute la poésie et la gentillesse qui les caractérisent. D'autant que c'est un lieu où l'on peut tout à fait discuter sans être parasité par une musique trop forte qui recouvrirait tout, comme c'est trop souvent le cas. Ici, pas de problème, c'est savamment dosé!

 

Je retrouve Dom Colmé tout sourire, visiblement très heureux et fier d'être là. En première partie, sur la petite scène, c'est Audrey Guita qui présente ses chansons. J'en avais beaucoup entendu parlé et j'ai apprécié ce moment.

 

Puis c'est au tour de Dom Colmé d'entrer sur la grande scène, accompagné de sa fidèle bande de musiciens: Gonzo à la batterie, Stéphane Glanois à la basse, et Jean Wende au clavier. C'est un set à la fois très intimiste, plein d'énergie et généreux qu'ils ont offert à un public conquis. Mention spéciale à Jean Wende d'ailleurs, que j'ai trouvé absolument exceptionnel. J'ai été impressionnée. Ils ont égrainé ensemble les titres de ce nouvel album, ainsi que les titres des précédents EP. Un son impeccable et une belle énergie, comme toujours, pour une formule qui fonctionne à merveille et ne faiblit pas.

 

Après le concert, le temps de passer des uns aux autres pour discuter un peu et je suis rentrée le cœur léger! En me disant qu'il va falloir que je me rende là un peu plus souvent et en espérant revoir Dom Colmé bientôt...

 

Si vous ne connaissez ni ce lieu, ni cet Artiste, alors il va vous falloir découvrir tout ça vite! Promis, faites-moi confiance, vous allez adorer!


20/05/2018
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Retour au pays de Jarry...

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"Au pays de Jarry, comme dans tous les pays, on s'amuse, on pleure, on rit...".

 

Jarry était hier, Vendredi 9 Février 2018, au théâtre de Thionville pour jouer son spectacle "Atypique". Spectacle qui arrive doucement à son terme, après déjà 4 ans de triomphe. Salle comble ô combien méritée, une fois de plus! Après l'avoir vu pour la première fois l'an dernier avec ma maman, nous avions décidé de remettre ça ce Vendredi, tellement nous avions ri! Rire, c'était justement ce dont j'avais envie et besoin.

 

Que puis-je encore dire que je n'avais pas déjà dit dans mon précédent article?... Je me répéterai sûrement, ne m'en voulez pas!

 

Je connais peu, voire peut-être pas du tout, d'Artistes capables de présenter un spectacle d'humour sans temps mort, où l'on peut aussi subtilement et harmonieusement y trouver, entre deux blagues potaches et des grimaces improbables, de l'émotion, de la sensibilité, du partage et de l'échange perpétuel, de la sincérité et surtout de la bienveillance, de l'intelligence. Celle du cœur comme celle de l'esprit.

 

Jarry, lui, réussit haut la main ce tour de force. Rire de situations anxiogènes du quotidien, croquer les gens selon leurs travers ou particularités physiques, sans jamais être méchant ni blessant, mais toujours juste et vrai. Parce que s'il rit de nous, il rit aussi de lui quelque part. Alors on en fait de même. Pas de jalousie, égalité parfaite, tout le monde en prend pour son grade!

 

Sous couvert de grimaces, allusions en-dessous de la ceinture, caricatures, son spectacle tend à démontrer par l'absurde que nous ne sommes tous que de simples mortels. Que nous convergeons tous vers un seul et unique but au cours d'une vie: trouver ce qui pourrait faire de nous les êtres les plus heureux possible. L'homme de scène semble en cela tout à fait connecté à la vie, aux vies d'autrui.

 

Il faut beaucoup d'amour en soi pour réussir à faire ce qu'il fait de manière naturelle. Et Jarry transpire l'amour, il en a revendre. 

 

Plus je le vois, plus je suis sûre d'une chose: Jarry est un OVNI dans le secteur féroce, ultra concurrentiel du spectacle d'humour. J'aime ce qu'il ose faire, dire et montrer sur scène.

 

Je ne sais toujours pas comment décrire ce bien nommé spectacle à double lecture. Cabinet de curiosité, chronique sociale, dessin animé, fable, conte... Lui est un personnage de BD, de cartoon, un enfant,... Jarry l'Atypique, c'est un peu un melting pot de tout ça à la fois. Un Artiste multicartes en tout cas qui, au-delà de savoir faire rire, sait aussi chanter et danser. Jarry, c'est un corps, une voix, un esprit, un style.

 

Si l'on rit tout du long, les dix dernières minutes ne manquent pas à chaque fois de m'émouvoir aux larmes. C'est sans doute le seul moment où Jarry tombe le masque et laisse place à Anthony. 

 

J'ai eu un infini plaisir à retrouver son monde coloré, fou mais tendre, sans tabou. Ce monde peuplé de fée, caissier, policier et autres majorettes...

 

J'ai déjà hâte de découvrir son prochain spectacle qui sera encore, je n'en doute pas, un succès. 

 

Rire pour ne pas pleurer, rire pour cacher la misère, la tristesse, les choses moches d'une vie. Rire pour ne pas se croire trop important, pour rester humble, remettre quelques pendules à l'heure sans brusquer et garder les pieds collés au sol.

 

Foncez le voir sur les dates restantes si ça n'a encore jamais été fait, il vous reste très peu de temps (et de places aussi d'ailleurs!)! Vous ne regretterez rien, promis!

 

En définitive, quand on sort de son spectacle, on n'a qu'une seule phrase qui vienne à l'esprit: "Youpi la vie, merci Jarry!"


10/02/2018
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Bigard, ou quand l'homme est une femme comme les autres (et inversement!)...

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Ce Samedi 18 Novembre 2017, c'était soirée de fête pour mon frère et moi à l'Espace Théodore Gouvy de Freyming-Merlebach, que nous n'avions pas encore foulé depuis sa récente ouverture.

 

J'avais décidé d'emmener mon frère justement, à qui j'avais offert ce cadeau pour fêter ses 25 ans en ce début d'année. Jean-Marie Bigard y donnait une représentation de son spectacle "Nous les femmes".

 

Nous sommes fans depuis belle lurette de cet homme alors nous savions exactement à quoi nous attendre, sur le fond du moins!

 

Salle comble pour accueillir l'humoriste qui a déjà plus de 30 ans de carrière au compteur!

 

En première partie, je découvre avec bonheur une "vieille" connaissance en la personne de Julien Strelzyk (mais certains le connaissent peut-être mieux sous le nom "Julien Vers l'Olympia"). Vieille connaissance car en effet, nous nous sommes connus dans une autre vie, sous d'autres cieux professionnels. Il y a longtemps que je n'avais plus assisté à un de ses spectacles et je constate avec bonheur qu'en déjà six ans de carrière, il a pris de l'assurance et donc, fatalement, que son show a gagné en qualité. Trente minutes de rires ininterrompus et bien mérités! Si vous ne le connaissez pas, je vous invite vivement à consulter son site internet, sa page Facebook et bien évidemment d'aller le voir.

 

Puis Bigard est arrivé... dans la peau d'une femme! Lunettes de soleil vissées sur le nez, perruque blonde, mise en plis parfaite, à en rendre jalouse la plus blonde des blondes, robe rouge, tout aussi rouge que ses lèvres, formes girondes, pardessus beige, écharpe violette et bien sûr... les talons qui vont bien!

 

Ce spectacle promettait de prendre soin des femmes que nous sommes, et nous étions nombreuses. En effet, nous avons été choyées, les hommes en ont pris pour leur grade! Mais c'était sans compter sur l'esprit provocateur d'un Jean-Marie Bigard décidément très en forme! Alors nous les femmes, en avons aussi eu pour notre argent!

 

Les travers des hommes, des femmes, de la vie de couple... Tout a été judicieusement observé, décortiqué pour n'en ressortir que le plus drôle, forcément le plus énervant! C'est criant de vérité, avec toujours cette propension qu'il a à grossir le trait et qui rend justement les choses si drôles!

 

La première partie du spectacle voit donc apparaître une sorte de double féminin de Bigard: une sexagénaire très en verve, qui assume son attrait pour "la chose" et notamment avec des hommes plus jeunes qu'elle! On suit les péripéties de sa vie de femme, du haut de ses trois mariages et ses passages en salle de sport, ses discussions avec sa meilleure amie en proie à l'angoisse du temps qui passe, ainsi que ses relations avec sa drôle de nièce et sa non moins drôle mère! Mais je ne vous en dis pas plus!

 

Puis est diffusé un magnéto dont, là non plus, je ne vous révélerai pas le contenu. Il opère l'habile transition pour faire apparaître Jean-Marie Bigard, le vrai, le seul, l'unique. Si jusqu'ici les hommes n'avaient pas de quoi fanfaronner, cette fois ce seront les femmes qui vont se reconnaître dans ses histoires caricaturales, mais pas tant que ça au fond...! Tout y passe: les femmes et la salle de bain, les femmes et l'hygiène des toilettes, les femmes et les soirées entre potes de leurs maris, les enfants, le sexe, etc. Mais aussi... leurs hommes qui vont en visite chez le proctologue à partir de 50 ans!!!

 

Que serait Bigard sans son vocabulaire? Qui lui va si bien, il faut le dire, avec cette voix de mâle rustre qui porte et les mimiques qui vont avec! C'est bien simple: une phrase, trois gros mots (et c'est un minimum!)! Si l'on aime autant Jean-Marie, c'est bien pour ce genre de propos qui, dans sa bouche, relèvent plus de la provoc' et de la taquinerie que du véritable machisme.

 

Parce qu'il me faut à ce stade remettre quelques pendules à l'heure: ceux qui ne le connaissent qu'à travers ses sketchs et n'ont jamais eu envie de voir au-delà du personnage, garderont longtemps, voire éternellement, ce préjugé de croire qu'il est un homme vulgaire. Or, pour ceux qui ont pris la peine de l'écouter dans certaines émissions ou reportages, il devient évident que Bigard est un personnage mais que Jean-Marie est bien différent. Bigard n'est pas vulgaire, il est grossier. Ou grivois, paillard. Vous choisirez la formule qui vous convient. Les sketchs et personnages qu'il incarne sur scène et le vocabulaire qu'il emploie, ce n'est que pour la gaudriole. Voilà qui est dit.

 

D'ailleurs, le spectacle offre parfois quelques jolis moments d'émotion, notamment dans la première partie. Si si! C'est au moment du salut final qu'il n'est pas difficile de déceler que derrière le regard acéré de l'humoriste, il y a le regard tendre, respectueux et humble de l'homme posé sur ses semblables, celui-là même qui a souffert autant sinon plus que nous. Vous n'y verrez là rien d'étonnant puisque, tous mortels, nous sommes logés à la même enseigne. Il faut beaucoup aimer les gens pour pouvoir faire ce qu'il fait, et aussi bien.

 

Nous concernant, je pense que nous y retournerons en Janvier, avec notre maman cette fois! Ce spectacle est plein de surprises mais je vous laisse les découvrir en allant le voir.

 

Avant de refermer cet article qui, je l'espère, vous aura permis de changer d'avis sur lui pour les uns, et de confirmer votre sentiment sur l'homme et son travail pour les autres, je voudrais vous parler des bouchons d'amour, dont Jean-Marie est à l'initiative. Je sais que la démarche lui tient très à cœur alors je tenais à en parler. Peut-être connaissez-vous déjà? Elle consiste à garder les bouchons de vos bouteilles en plastique et les amener dans le lieu de collecte le plus proche de votre lieu d'habitation. Ces bouchons sont recyclables et permettent de fabriquer, entre autres, des fauteuils roulants pour les personnes en situation de handicap. 

 

Encore une preuve, s'il en fallait une, que notre Jean-Marie a un cœur gros comme ça. En effet, si nombre d'Artistes s'engagent dans des œuvres humanitaires, lesquels d'entre eux s'intéressent au handicap? Cherchez, je pense que vous n'êtes pas prêts de trouver!...


19/11/2017
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