jolismots-et-doucesnotes

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The Cranberries ou le dernier tour de piste d'un groupe de légende...

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Voilà un album bien spécial que je m'apprête à vous présenter...

 

En effet, le décès soudain de la chanteuse du groupe il y a un peu plus d'un an a secoué les fans de rock du monde entier, et j'en fus. Dolores O'Riordan était, pour beaucoup d'entre nous, une icône.

 

Alors en décidant d'aller au bout de la démarche de création d'un nouvel album, déjà bien avancée, les membres restants ont sorti le 26 Avril 2019 non pas le meilleur album du groupe, mais le dernier et de très loin le plus émouvant à écouter. Je redoutais l'écoute pour les émotions que ça allait soulever chez moi. Et effectivement, ça m'a bien remué.

 

Si l'on n'y trouve rien de nouveau dans le son et le style, mais toutefois plein de ponts avec certains titres passés, c'est tout de même un très bel album. Sincère et plein de respect, comme un dernier hommage, certainement difficile à réaliser, à la seule femme du groupe. Celle qui fut un peu le porte-drapeau de toute une génération et plus encore d'un pays, à l'époque où la fragile Irlande traversait son histoire d'une façon triste et brutale.

 

Dans cet album, il y a à la fois toute la force et la fragilité non seulement des musiques, mais aussi, évidemment, d'une voix inimitable et disons-le vraiment, familière. Une voix qui semble mise en avant ici, au regard des instrumentations qui se font humblement plus discrètes pour lui laisser toute la place qu'elle mérite pour briller une dernière fois. "In the end" est pour moi une synthèse parfaite de ce que fut, et restera d'ailleurs, ce groupe, tant mélodiquement que vocalement ou dans le contenu des textes.

 

En l'écoutant, j'ai repensé aux émotions qui me traversaient lorsque je les écoutais avec passion, encore adolescente. Tout m'est revenu et alors pour moi c'est un voyage entre douleurs, liberté et joie d'être apaisée par quelque chose que j'aime.

 

Si l'on considère les thèmes, c'est un album du commencement et de la fin, qui aborde la perte aussi bien que le recommencement et les souvenirs, par des choses courantes mais chères au groupe comme la violence conjugale, la famille et les enfants. Cet album, c'est la vie qui ne s'arrête pas finalement.

 

S'il ne fait pas dans le registre du larmoyant car il est sobre et digne, fait troublant cependant: le dernier titre, qui donne son nom à l'album "In the end", sonne comme une funeste prémonition qui peut donner des suppléments de frissons. Il y a aussi des titres qui auraient été parfaitement taillés pour la scène, à l'image de "Got it", par exemple.

 

Avec ce dernier album, les membres de The Cranberries sortent, certes contraints et forcés, mais avec fierté et dignité, par la grande porte.

 

Nous, fans et admirateurs, pourront continuer à écouter à l'infini ces titres, comme un dernier cadeau. Et pourtant, que l'on aurait aimé en avoir encore...


17/10/2019
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P!nk, "Hurts 2B Human"

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Alors oui, je sais, vous qui me suivez régulièrement, vous avez sans doute trouvé le temps long et je vous comprends. Mais ça y est, je reviens vous distiller mes chroniques comme vous les aimez, pour votre plus grand plaisir !

 

Et pour me remettre dans le bain de cette écriture que j'aime tant, quoi de mieux qu'une chronique sur la meilleure Artiste féminine internationale qu'est l'immense P!nk ?! Vous savez sans doute l'importance qu'elle a dans ma vie depuis ses débuts, tant pour son travail artistique que pour la femme qu'elle est, les messages qu'elle fait passer dans ses chansons.

 

Son album "Hurts 2B Human" est sorti le 26 Avril 2019 (oui, ça fait VRAIMENT longtemps que je n'avais rien écrit!). En véritable inconditionnelle de son travail, vous vous imaginez bien que j'attendais cet opus avec une impatience folle, après la beauté de son précédent album datant de 2017, "Beautiful trauma". Mon attente a été récompensée. Comme toujours, j'ai été dans une bulle d'enchantement du premier au dernier titre, alors qu'avant la sortie officielle de l'album le superbe titre "Walk me home", très efficace, tournait déjà en boucle partout et laissait présager un carton supplémentaire pour la belle rockeuse. Mais quand on a l'objet en main, rien que l'artwork donne furieusement envie d'écouter ce qui se cache à l'intérieur !

 

Carton réalisé et justifié ! La puissance de sa voix, alliée à la puissance de ses messages, font toujours mouche, portent, transportent, émeuvent, galvanisent. Car cet album est fait pour danser, oui. Mais que serait un album de P!nk sans quelques titres qui vous font monter les larmes aux yeux et vous serrent la gorge ?...

 

Sur ce nouveau bijou, P!nk ose ! Elle ose quelques challenges - très réussis - en intégrant de l'électro sur ce qui est sans conteste un de mes titres préférés, "Can we pretend", titre qui donne instantanément envie de bouger, ou, plus surprenant encore mais tout aussi brillamment réussi, de la country sur "Love me anyway". Elle revient également à ses premières amours, le R'n'B.

 

Il faut dire qu'elle sait s'entourer dans ses collaborations ! Pour cet album, elle est en featuring sur plusieurs titres avec des pointures telles que Cash Cash, Khalid, Chris Stapleton et Wrabel. Du côté de l'écriture des textes, elle s'est entourée d'une autre Artiste chère à mon cœur qui n'est autre que Sia (excusez du peu !) pour le titre "Courage".

 

Du côté des thèmes, elle a encore l'art de parler au plus grand nombre à travers sa vision de l'amour, de sa vie de mère. Ou encore la difficulté d'exister dans notre monde moderne, les difficultés de la vie dans son ensemble et la manière de les surmonter.

 

Elle prouve une fois de plus ici (mais était-ce vraiment nécessaire?!) non seulement qu'elle est une immense Artiste mais qu'elle est avant tout une femme comme les autres, avec ses forces et ses faiblesses. Une femme de son temps, concernée, consciente, dans le partage et l'amour des autres. Un être humain qu'on ne peut qu'aimer, tout simplement...

 

Si vous la connaissez peu, notamment la femme qu'elle est, ou si vous n'avez pas encore écouté cet album, jetez-vous dessus, comme sur toute sa discographie d'ailleurs et sur tout ce que vous trouverez à lire à son propos ! Regardez aussi ses prestations lors de diverses émissions américaines. Ses mises en scène sont à couper le souffle. Vous en ressortirez remplis d'une nouvelle énergie !


17/10/2019
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Deux sœurs, par David Foenkinos

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Le nouveau roman de David Foenkinos, intitulé "Deux sœurs", est présent sur les rayonnages des librairies depuis le 21 Février 2019 et, comme à chaque fois, c'est une joie pour moi. Joie de la découverte. Découverte de nouveaux personnages, d'une nouvelle histoire. Mais aussi des éventuelles délicieuses marottes et autres notes de bas de page dont il a le secret. Déjà, d'avance je sais que je vais quoi qu'il arrive retrouver son merveilleux sens de la formule. Rien que d'y penser, je trépigne!

 

Après son magistral précédent roman, "Vers la beauté", je me demandais quelle histoire captivante il pouvait bien avoir écrit cette fois... J'étais loin de m'imaginer lire des choses aussi fortes et folles... Parce que oui, c'est une plongée dans la folie qui vous attend...

 

Ce roman, c'est l'histoire de Mathilde, la trentaine, qui forme avec Etienne un couple heureux. Elle est professeure de français dans un lycée et adore son métier et ses élèves, à qui elle communique sa passion pour Flaubert et en particulier pour "L'éducation sentimentale". Lors de leur dernier voyage en Croatie, Etienne lui a proposé de l'épouser et de fonder une famille. Mais peu de temps après leur retour, Etienne change d'attitude. Il est distant, gêné. Pressé de questions, il avoue qu'il a revu son ancienne compagne, Iris, et que cette rencontre l'a bouleversé. Etienne a compris que sa vie devait s'accomplir avec elle. L'univers de Mathilde s'effondre. En proie à une douleur inouïe, elle s'aperçoit que toute sa vie tournait autour de l'homme qui l'a quittée. Malgré le soutien d'une voisine psychiatre ou du Proviseur du lycée qui l'apprécie beaucoup (et même sans doute un peu plus), elle sombre et finit par être suspendue après avoir commis une faute grave. Sa sœur Agathe la recueille dans le petit appartement qu'elle occupe avec son mari Frédéric et leur petite fille Lili. La relation entre les deux sœurs se redéfinit dans cette cohabitation de plus en plus éprouvante. De nouveaux liens se tissent peu à peu au sein de ce huis-clos familial où chacun peine de plus en plus à trouver l'équilibre.

 

La tension est palpable à chaque instant. On sent qu'il suffirait de peu pour que l'allumette s'embrase. Et puis un jour tout bascule...

 

En effet, tout bascule à la page 145. Je sentais bien depuis plusieurs pages que quelque chose se tramait... Il y a donc, à mon avis, deux parties dans ce roman. La deuxième verse totalement dans la folie furieuse et la violence à cet instant-là. Cette dernière devenant concrète. Elle qui, jusque-là, était plutôt larvée.

 

Je ne sais pas si vous allez être d'accord avec moi, mais je constate une chose: jusqu'à présent, l'écriture de David Foenkinos était douce, aérienne. Même lorsque la situation était grave, il arrivait à mettre de la légèreté, allant parfois jusqu'à l'humour et une certaine couleur, pour décrire l'indescriptible. Puis, avec son précédent roman, j'ai bien senti qu'une autre page s'ouvrait pour lui dans son style d'écriture qui, bien que la douceur demeurait, s'avérait devenir de plus en plus sec, dur, nerveux, voire violent. Cette écriture qui fait haleter un lecteur ne sachant pas à quoi s'attendre.

 

C'est précisément ça qui m'avait mis dans un état de joie toute neuve. J'adore ce virage stylistique que prend la plume de celui que je considère comme le meilleur romancier français et que je me plais à chroniquer depuis plusieurs années pour mes lecteurs sans me lasser. Ce virage stylistique qui se confirme pleinement et définitivement dans ce nouveau roman. Cela lui confère une dimension supplémentaire que j'appellerais simplement le génie.

 

A travers ce nouveau roman, j'ai l'impression de redécouvrir mon auteur préféré, de lire quelqu'un d'autre tout en le reconnaissant parfaitement. L'air y est étouffant. Paradoxalement, tout cela lui donne un nouveau souffle. Non pas qu'il s'encroûtait, mais je ne suis jamais contre la nouveauté, d'autant plus si le renouvellement est réussi! L'impression est étrange mais très excitante, motivante et engageante. L'air frais régulier du cinéma semble faire le plus grand bien à son écriture!

 

Un roman de David Foenkinos se savoure, bien qu'il soit toujours (trop) vite lu. Cette fois encore, même plus que jamais ai-je envie de dire, si vous ouvrez ce livre, vous ne pourrez le refermer avant d'avoir atteint le point final. Ce point final qui vous glacera le sang...


12/03/2019
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Zoom sur... Frédéric Bobin

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On le sait, le milieu artistique est difficile. Si une poignée d'Artistes sort son épingle du jeu, beaucoup d'entre eux restent confidentiels. Trop à mon goût. A l'heure où l'on se demande comment certaines soupes commerciales fonctionnent, quand j'ai le bonheur de découvrir au hasard des rencontres un Artiste qui me touche, j'ai d'autant plus de mal à comprendre pourquoi il n'est pas plus (re)connu. C'est le pourquoi de l'existence de cette rubrique, où j'aime y présenter des talents indépendants, éloignés de toute tendance mainstream

 

C'est le cas du creusotois Frédéric Bobin. Pourtant il n'est pas un débutant, non. Puisque cela fait déjà plus de quinze ans qu'il promène sa longiligne silhouette, avec sa poésie, sa culture, ses chansons et sa guitare qu'il porte en bandoulière tout autant que son cœur. Avec, notamment, de très belles premières parties à son actif.

 

Quand on écoute ses textes, sa voix franche mais douce, quand on discute avec lui, on ne peut pas ne pas s'insurger en se disant: "Mais pourquoi diable n’entendons-nous pas plus parler de lui?". Heureusement, un public fidèle s'y retrouve, soutient son travail et ça marche bien pour lui. Il faut dire que l'homme a une sacrée présence scénique, sait créer des interactions avec son public, a le contact facile.

 

J'ai vraiment été touchée par l'Artiste autant que par l'homme.

 

C'est une amie proche qui a eu le courage de me présenter sa musique (parce qu'il faut vraiment parler de courage, quand on connait mes goûts, plutôt assez loin en général du circuit musical français!). Alors même si j'avais vraiment aimé le titre qu'elle m'avait fait écouter en amont ("Tant qu'il y aura des hommes", en duo avec Kent), je confesse en rosissant des joues que je trainais quand même un peu la guibole sans rien montrer! 

 

Oui mais... mais voilà, la vie est surprenante parfois (sans doute autant que la sensibilité artistique de mes tympans!) et ô magie, ça a fonctionné! Oui, parfois la chanson française à textes fait montre de qualité, l'élitisme et le snobisme du bobo en moins!

 

A la faveur d'un concert privé chez l'habitant le 2 Mars 2019 à Marieulles (57), dans une ambiance chaleureuse façon auberge espagnole, j'ai accepté de suivre mon amie dans cette découverte, qui n'en est pas une pour elle qui connait très bien Frédéric Bobin.

 

L'Artiste venait y présenter devant des invités pour la plupart conquis d'avance, en solo guitare-voix, un set incluant d'anciens titres  - je vous recommande d’écouter sa discographie complète bien sûr, mais particulièrement la chanson "Tatiana sur le périph" - et surtout ceux de son troisième et dernier album en date, "Les larmes d'or", sorti le 26 Janvier 2018. C'est de cet album qu'on va parler ici.

 

Si vous me lisez régulièrement, vous savez donc que j'aime les mots. Que chez moi, un mot est un mot. Chacun se doit d'avoir une place précise, de choix, et on n'en remplace pas un par un autre. C'est la première qualité que j'ai relevée dans les textes de cet Artiste, qui en co-écrit l'ensemble avec son frère. A mots choisis et bien placés donc, les thèmes abordés sont souvent orientés sur la mélancolie, la nostalgie, le souvenir (comme mon coup de cœur absolu "La maison de mon grand-père" ou encore "Super 8"), parfois enrobés de quelques regrets, autant que d'espoirs. Mais je dirais que les chansons de Frédéric Bobin sont aussi faites pour réfléchir. Si elles ne sont pas engagées, elles sont au moins très engageantes et reflètent un certain climat social, politique (la magnifique "Tant qu'il y aura des hommes", dont je parlais plus haut, en duo avec le chanteur Kent) ou dépeignent des portraits de laborieux ordinaires avec un je-ne-sais-quoi d'atypique ("Jimmy"). Il y a en lui un peu de Lavilliers, de Sheller. Du moins ai-je trouvé. Je m'arrêterai là pour les comparaisons, n'étant pas assez pointue en ce domaine et ne voulant pas dire de choses trop hasardeuses et fausses. Puis il y a le son. On y croise pas mal de folk. "A la Dylan, Willie Nelson, John Prine ou Springsteen", pourrais-je résumer vulgairement et en collant cette fameuse étiquette toute française. Mais ce serait réducteur. Pourtant, c'est sans doute ça qui a fait que mon oreille s'est accrochée, amatrice de différents Artistes et courants de musiques américaines que je suis. Au total, ce sont douze histoires et autant de destins à découvrir dans cet écrin.

 

Ce beau travail est souligné et magnifié sur l'album par de délicates instrumentations (des guitares électriques, acoustiques et slide, du piano, du violoncelle, de la contrebasse, de l'harmonica, entre autres) qui ne prennent jamais le pas sur le propos et la voix.

 

Tout cet ensemble, je peux vous dire que c'est classe, très classe. Avec le printemps en approche, je suis contente d'avoir cet album avec moi. Il s'avère être dansant et léger par ses mélodies, émouvant et sensible par ses paroles.

 

Frédéric Bobin n'est pas seulement un Artiste. Un artisan même. Il est aussi et surtout un être humain qui, par son Art et sa personnalité, remet un nombre incalculable de choses positives, de valeurs et de réalités simples du quotidien à leur juste place. Citons pêle-mêle l'humilité, l'humanité, la simplicité, le courage, la persévérance, la douceur, la poésie... Cette liste n'étant pas exhaustive. Au-delà de son évident talent, il impressionne pour ça. Des qualités rares et précieuses par les temps qui courent... Sur le chemin du retour, je disais encore à mon amie: "Il en faudrait plus des mecs comme lui. Il est du genre de ceux qui font du bien à l'Humanité."...

 

J'aime les gens libres, passionnés, cultivés, courageux. A n'en pas douter, c'est ce mélange de parfums-là, qu'il porte à merveille, que j'ai aimé chez lui, en plus de ses chansons. 

 

Si vous voyez qu'il passe par chez vous, n'hésitez pas, foncez le voir. Vous serez bien en sa compagnie, promis! 

 

Si vous souhaitez suivre son actu, rendez-vous sur son site web et sa page Facebook principalement, bien qu'il soit aussi présent sur Twitter et Instagram.

 

Et le printemps peut arriver...


08/03/2019
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Un roi du silence nommé Antoine Elie

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Alors que je vous avais présenté l'an dernier le premier EP 5 titres de cet Artiste, je viens aujourd'hui avec excitation et plaisir vous présenter son premier album, sorti le 15 Février 2019. Une vraie claque!

 

Parce qu'Antoine Elie m'a touchée dès les premières notes entendues, je crois dur comme fer à son succès grandissant et mérité. Atypique dans le paysage musical français que je ne cesse pas de bouder, sa plume autant que sa voix, son style et ses mélodies ont bousculé mes idées.

 

Depuis ce premier EP, Antoine Elie se fait de plus en plus entendre sur les ondes ainsi qu'à la télévision, notamment dans "Taratata". Il a également fait quelques dates en première partie de Kyo.

 

Ce que j'aime chez lui? Son timbre de voix, son côté brut de décoffrage dans son vocabulaire, qui va de paire avec son style rock, mauvais garçon. J'aime son écriture et sa poésie, graves, âpres, violentes, fiévreuses. Il déchire, casse, pète les cadres et les codes, il écrit comme on parle, fait sonner et résonner les mots comme personne. Bien que la virtuosité avec laquelle il les manie me fait penser à celle, dans un autre style, de MC Solaar.

 

Autant vous dire que pour écouter cet album il va vous falloir posséder un solide système lacrymal! La chair de poule vous guettera également.

 

Ce n'est pas du rap, ce n'est pas de la pop ou du rock ni du slam. C'est peut-être un peu de tout ça, mêlé à du trip hop. Ou pas du tout. Chacun y mettra l'étiquette qu'il souhaite. Je vais me contenter de dire que ce mec est génial, si vous le voulez bien! Parce que les étiquettes, ce n'est pas mon truc! Et comme je ne veux pas répéter bêtement ce que je disais déjà de l'EP dans le précédent article, vous pourrez vous y rendre pour tout savoir et tout comprendre de ce qu'il provoque chez moi et comment je l'ai découvert. Cliquez donc sur le lien plus haut dans l'article!

 

Dans cet album qui compte deux titres issus de l'EP, il y a douze autres pépites qui n'attendent qu'à vous faire frissonner. Quatorze titres conçus comme autant de différents tableaux, différentes histoires de vie, d'une noirceur grandiose. Sur un flow impressionnant qui ne faiblit jamais et vous fera chalouper en rythme et les yeux clos, il narre, sans pitié ni retenue, les histoires d'un mec paumé dans une vie étriquée, enfermé dans ses démons et ses doutes, entre drogue, alcool et sexe. Parce que oui, c'est l'impression que j'avais déjà eue en écoutant l'EP: cet album est infiniment sexuel, sensuel et langoureux. Sans doute y a-t-il mis un peu de lui...

 

En somme, c'est un album ensorcelant, dont on ne se lasse pas. On est presque en apnée tellement c'est rapide et vertigineux, étourdissant. Quelques ballades se mettent en travers pour nous permettre de reprendre un peu notre souffle. Gageons que vous ne résisterez pas, entre autres, à la sublime "La rose et l'armure", présente sur l'album en deux versions et dont le clip est sorti récemment. Une chanson qui n'a cessé de me faire transpirer des yeux à chaque écoute. Mon coup de cœur incontestable de cet opus. Contrairement au titre de ce petit bijou, le tout juste trentenaire ne reste pas silencieux et en dit des choses dans ces 14 chansons.

 

Seul regret pour ma part, ne pas voir "Soirées parisiennes" en quinzième titre, aussi incroyable que les autres, et présent sur son EP...

 

Si vous voulez triper, si vous voulez des sensations et des émotions fortes, que vous avez les nerfs à vif et que vous voulez les passer agréablement, c'est "Roi du silence" qu'il vous faut posséder et écouter en boucle! Croyez-moi, ce sera un remède imparable!


06/03/2019
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