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Bigard, ou quand l'homme est une femme comme les autres (et inversement!)...

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Ce Samedi 18 Novembre 2017, c'était soirée de fête pour mon frère et moi à l'Espace Théodore Gouvy de Freyming-Merlebach, que nous n'avions pas encore foulé depuis sa récente ouverture.

 

J'avais décidé d'emmener mon frère justement, à qui j'avais offert ce cadeau pour fêter ses 25 ans en ce début d'année. Jean-Marie Bigard y donnait une représentation de son spectacle "Nous les femmes".

 

Nous sommes fans depuis belle lurette de cet homme alors nous savions exactement à quoi nous attendre, sur le fond du moins!

 

Salle comble pour accueillir l'humoriste qui a déjà plus de 30 ans de carrière au compteur!

 

En première partie, je découvre avec bonheur une "vieille" connaissance en la personne de Julien Strelzyk (mais certains le connaissent peut-être mieux sous le nom "Julien Vers l'Olympia"). Vieille connaissance car en effet, nous nous sommes connus dans une autre vie, sous d'autres cieux professionnels. Il y a longtemps que je n'avais plus assisté à un de ses spectacles et je constate avec bonheur qu'en déjà six ans de carrière, il a pris de l'assurance et donc, fatalement, que son show a gagné en qualité. Trente minutes de rires ininterrompus et bien mérités! Si vous ne le connaissez pas, je vous invite vivement à consulter son site internet, sa page Facebook et bien évidemment d'aller le voir.

 

Puis Bigard est arrivé... dans la peau d'une femme! Lunettes de soleil vissées sur le nez, perruque blonde, mise en plis parfaite, à en rendre jalouse la plus blonde des blondes, robe rouge, tout aussi rouge que ses lèvres, formes girondes, pardessus beige, écharpe violette et bien sûr... les talons qui vont bien!

 

Ce spectacle promettait de prendre soin des femmes que nous sommes, et nous étions nombreuses. En effet, nous avons été choyées, les hommes en ont pris pour leur grade! Mais c'était sans compter sur l'esprit provocateur d'un Jean-Marie Bigard décidément très en forme! Alors nous les femmes, en avons aussi eu pour notre argent!

 

Les travers des hommes, des femmes, de la vie de couple... Tout a été judicieusement observé, décortiqué pour n'en ressortir que le plus drôle, forcément le plus énervant! C'est criant de vérité, avec toujours cette propension qu'il a à grossir le trait et qui rend justement les choses si drôles!

 

La première partie du spectacle voit donc apparaître une sorte de double féminin de Bigard: une sexagénaire très en verve, qui assume son attrait pour "la chose" et notamment avec des hommes plus jeunes qu'elle! On suit les péripéties de sa vie de femme, du haut de ses trois mariages et ses passages en salle de sport, ses discussions avec sa meilleure amie en proie à l'angoisse du temps qui passe, ainsi que ses relations avec sa drôle de nièce et sa non moins drôle mère! Mais je ne vous en dis pas plus!

 

Puis est diffusé un magnéto dont, là non plus, je ne vous révélerai pas le contenu. Il opère l'habile transition pour faire apparaître Jean-Marie Bigard, le vrai, le seul, l'unique. Si jusqu'ici les hommes n'avaient pas de quoi fanfaronner, cette fois ce seront les femmes qui vont se reconnaître dans ses histoires caricaturales, mais pas tant que ça au fond...! Tout y passe: les femmes et la salle de bain, les femmes et l'hygiène des toilettes, les femmes et les soirées entre potes de son mari, les enfants, le sexe, etc. Mais aussi... leurs hommes qui vont en visite chez le proctologue à partir de 50 ans!!!

 

Que serait Bigard sans son vocabulaire? Qui lui va si bien, il faut le dire, avec cette voix de mâle rustre qui porte et les mimiques qui vont avec! C'est bien simple: une phrase, trois gros mots (et c'est un minimum!)! Si l'on aime autant Jean-Marie, c'est bien pour ce genre de propos qui, dans sa bouche, relèvent plus de la provoc' et de la taquinerie que du véritable machisme.

 

Parce qu'il me faut à ce stade remettre quelques pendules à l'heure: ceux qui ne le connaissent qu'à travers ses sketchs et n'ont jamais eu envie de voir au-delà du personnage, garderont longtemps, voire éternellement, ce préjugé de croire qu'il est un homme vulgaire. Or, pour ceux qui ont pris la peine de l'écouter dans certaines émissions ou reportages, il devient évident que Bigard est un personnage mais que Jean-Marie est bien différent. Bigard n'est pas vulgaire, il est grossier. Ou grivois, paillard. Vous choisirez la formule qui vous convient. Les sketchs et personnages qu'il incarne sur scène et le vocabulaire qu'il emploie, ce n'est que pour la gaudriole. Voilà qui est dit.

 

D'ailleurs, le spectacle offre parfois quelques jolis moments d'émotion, notamment dans la première partie. Si si! C'est au moment du salut final qu'il n'est pas difficile de déceler que derrière le regard acéré de l'humoriste, il y a le regard tendre, respectueux et humble de l'homme posé sur ses semblables, celui-là même qui a souffert autant sinon plus que nous. Vous n'y verrez là rien d'étonnant puisque, tous mortels, nous sommes logés à la même enseigne. Il faut beaucoup aimer les gens pour pouvoir faire ce qu'il fait, et aussi bien.

 

Nous concernant, je pense que nous y retournerons en Janvier, avec notre maman cette fois! Ce spectacle est plein de surprises mais je vous laisse les découvrir en allant le voir.

 

Avant de refermer cet article qui, je l'espère, vous aura permis de changer d'avis sur lui pour les uns, et de confirmer votre sentiment sur l'homme et son travail pour les autres, je voudrais vous parler des bouchons d'amour, dont Jean-Marie est à l'initiative. Je sais que la démarche lui tient très à cœur alors je tenais à en parler. Peut-être connaissez-vous déjà? Elle consiste à garder les bouchons de vos bouteilles en plastique et les amener dans le lieu de collecte le plus proche de votre lieu d'habitation. Ces bouchons sont recyclables et permettent de fabriquer, entre autres, des fauteuils roulants pour les personnes en situation de handicap. 

 

Encore une preuve, s'il en fallait une, que notre Jean-Marie a un cœur gros comme ça. En effet, si nombre d'Artistes s'engagent dans des œuvres humanitaires, lesquels d'entre eux s'intéressent au handicap? Cherchez, je pense que vous n'êtes pas prêts de trouver!...


19/11/2017
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Liam is back!

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Amis lecteurs rêveurs, vous vous apprêtez à lire une chronique que je suis infiniment heureuse et excitée de vous présenter! Et en même temps, je pense qu'elle transpirera une certaine forme de nostalgie, que vous partagerez avec moi, ou pas...

 

Ça y est, enfin, il est de retour! Liam Gallagher a sauté le pas pour sortir cet album solo intitulé "As you were".

 

Enfant terrible, tête à claques, insolent. Il est comme ça pour certains. Pour moi c'est une de mes idoles, une icône, ma préférence au sein d'Oasis, un des génies du rock que j'écoutais lorsque je n'étais encore qu'une enfant, prête à entrer dans l'adolescence. A cette époque je ne dois pas avoir plus de 10 ou 12 ans, peut-être même bien moins. Je ne sais pas, peu importe, mais je n'étais pas bien grande.

 

Déjà j'aimais cette voix inimitable et reconnaissable entre mille, cette façon si particulière de prononcer les mots. Sa façon bien à lui de chanter aussi, mains dans le dos, tête relevée et lèvres collées au micro. J'aimais sa nonchalance, voire son je-m’en-foutisme, son côté rebelle, son air de mec tombé de la lune. Il était pour moi l'incarnation parfaite du cool, de la liberté. Sa musique était une musique dans laquelle je me réfugiais lorsque rien n'allait, qui m'offrait la possibilité de partir ailleurs. J'aimais déjà ce son très anglais.

 

Logiquement, je me suis précipitée sur cet album sorti le 6 Octobre 2017. Et... comment vous dire? Je suis enchantée!

 

Il est juste une synthèse parfaite de plein de petites madeleines de Proust qui me reviennent à la figure, du fin fond de mon adolescence. Tout, absolument tout y est beau. Il n'y a strictement rien à jeter. Je pardonne même le manque de cohérence! Ça part dans tous les sens au niveau des rythmes, c'est foutraque de ce côté-là, mais c'est tellement lui!

 

Bien sûr, je retrouve intacte, impeccable, cette voix qui a jadis bercé mes peines et mes peurs pour les rendre un peu moins insupportables. Je retrouve les images que j'avais alors en tête: des flashs de rues mancuniennes, de bars enfumés d'où sortaient des sonorités rock et coulaient des litres de bières aux mains de mecs en sueur, avec des guitares, qui jouaient jusqu'à n'en plus pouvoir.

 

"As you were" est indiscutablement rock, à l'image du percutant "Wall of glass" qui ouvre l'album, avait été dévoilé cet été et avait fini d'exciter mon impatience déjà très grande. Mais il renferme aussi de superbes ballades, à l'image de "Papercrown" ou "When I'm in need", parmi d'autres encore, toutes excellentes. Personnellement, j'ai été très émue par le morceau "For what it's worth", qui non seulement m'a ému parce qu'il m'a rappelé le génial "Don't look back in anger" d'antan, dans le son, la voix et le rythme, mais aussi par ses paroles où Liam semble faire un pas vers son frère.

 

Du côté des influences, elles sont restées délicieusement très "oasisiennes", elles sentent bons le rock anglais avec également des sonorités qui rappellent sans ambiguïté les Beatles, entre autres références que je vous laisse le soin de faire revenir à vos mémoires.

 

Cet album est un album qui va vous ramener quelques années en arrière tout en restant très actuel. Les nostalgiques d'une époque et les fans comme moi adoreront, les détracteurs détesteront. That's life... En tout cas, il prouve (même s'il n'en a nul besoin) qu'il est encore bien là, qu'il reste efficace, qu'il n'a rien perdu de sa superbe.

 

J'espère maintenant très fort pouvoir un jour le voir sur scène pour pouvoir plonger plus encore dans l'ivresse que m'a procuré cet opus... Pendant les 44 minutes et 43 secondes qu'il dure, j'ai retrouvé mes 10 ans... 12 ans... 15 ans... bref, j'ai retrouvé une part rarement joyeuse de mon adolescence...

 

So now... Back in the 90's!


11/11/2017
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Au coeur d'une addiction nommée Amir

Chers lecteurs rêveurs, armez-vous de vos plus beaux sourires et de vos lunettes de soleil! Croyez-moi, pour lire cet article, ça vous sera très utile!

 

Je voudrais vous parler ce soir d'un Artiste que je suis depuis l'an dernier seulement, mais qui m'a conquise dès la première écoute. Cet Artiste, c'est Amir.

 

J'ai échappé au début de son parcours, n'étant pas cliente de ces émissions où sont sensés être dénichés les meilleurs talents. Mais peut-être que vous vous l'avez connu à ce moment-là, lorsque, parait-il, il a perdu face à Kendji dans l'émission The Voice. Même si pour moi il n'a pas tout à fait perdu, en fait...

 

Non, moi je l'ai connu lorsqu'a été annoncée sa participation à l'Eurovision 2016 pour représenter la France avec sa chanson "J'ai cherché". Dès lors, celle-ci a inondé les médias, TV comme radios. A ma plus grande joie puisque dès les premières notes que j'avais entendues, j'ai adoré ce titre! La voix d'Amir aussi, pleine de chaleur et de vibes qui emmènent loin. Et puis, en le voyant de plus en plus à l'écran, c'est aussi l'homme que j'ai apprécié. Humble, solaire, il rayonne, plein d'amour pour autrui, sincère, le sourire toujours vissé aux lèvres.

 

Je n'en reviens toujours pas d'adorer à ce point un Artiste français puisque ce n'est pas souvent que j'écoute et apprécie la musique d'expression française. Mais lui, il a quelque chose de différent, sans que je puisse vous dire quoi...

 

Alors qu'est sorti son deuxième album depuis quelques jours et que j'attends avec impatience de le voir à Thionville le 30 Novembre 2017, je voudrais vous parler de ses deux albums, justement.

 

 

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Le premier, intitulé "Au cœur de moi", est sorti en Avril 2016. Voilà un opus qui porte très bien son nom puisque lorsqu'on s'y plonge, on découvre véritablement qui il est, c'est une vraie autobiographie musicale, pleine de rythmes différents: sur un ensemble très frais et pop, il y a un peu d'électro par-ci, un peu de rythmes orientaux par-là. Cet album offre de bout en bout quelque chose de vraiment très cohérent, à la fois très positif et extrêmement sensible.

 

Du côté de mes préférences, je ne peux évidemment pas nier qu'elles vont à des titres tels que "J'ai cherché", "On dirait", "Au cœur de moi" ou encore "Ma vie, ma ville, mon monde", sur lesquels je me suis pétée les cordes vocales, j'ai chaloupé et souri encore tout cet été.

 

 

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Son deuxième album, "Addictions", est sorti tout récemment, le 27 Octobre 2017. Celui-ci aussi porte un nom prédestiné, puisque... on en devient très vite accro! On retrouve son univers intact avec, cette fois, des textes qui me semblent encore plus travaillés, plus profonds, plus graves aussi parfois. Des textes où l'on y parle un peu plus de douleurs et de peines de cœur, mais où tout reste encore tourné vers le futur et l'espoir sur des rythmes dance, électro, avec quelques belles touches acoustiques.

 

A souligner, les deux featuring de l'album, avec le groupe One Republic et sa femme Lital, tous deux très réussis. "Que seront les hommes?" et "Etats d'amour" complètent mes préférences. "Anja", titre qui ferme l'album, est absolument magnifique d'émotion et de sensibilité...

 

Si je devais après ça vous résumer en quelques mots le pourquoi de mon attachement à Amir et sa musique, je crois que je pourrais le formuler ainsi: il a sur lui et dans sa voix toute l'authenticité et le soleil de son pays d'origine. Il sait ce qu'il chante, il y croit, il le fait avec sincérité et sans aucune prétention. Sa musique, c'est ce que je pourrais appeler de la feel good music. Les mots et les sentiments qu'il chante sont ou peuvent être expérimentés par tout un chacun à un moment d'une vie, le commun des mortels peut aisément s'identifier, se (re)trouver.

 

Ça cartonne et c'est mérité. Amir a même obtenu il y a tout juste une semaine un prix aux NRJ Music Awards. Sa chanson "On dirait" a été sacrée Meilleure Chanson Française de l'Année! 

 

Dès qu'on l'entend chanter, dès qu'on le voit, il est impossible de ne pas avoir envie de sourire, chanter et s'agiter frénétiquement. Sa musique fait du bien, fait voyager, repose et apaise autant qu'elle régénère. C'est aussi une musique fédératrice, puisqu'elle peut contribuer à réunir autant les âges que les origines. C'est tout ce dont on a besoin par les temps qui courent...

 

"On dirait qu'on a tous un ange...". Il semblerait qu'on ait trouvé le nôtre...


10/11/2017
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Bertrand Cantat est de retour...

« Bertrand Cantat est de retour ». A elle seule cette phrase crée aujourd’hui chez une majorité de femmes, et quelques hommes aussi parfois, un frisson. Un frisson, logique pourtant à sa base, mais qui du même coup percute de plein fouet un creuset anormalement et spectaculairement exprimé de sentiments de haine, de dégoût, de colère. Une telle phrase, c’est comme remplacer un prénom et un nom par « La Bête Immonde ». S’ensuivent les déchaînements de propos tous plus haineux les uns que les autres. Des témoignages virtuels, confortables au fond, bien planqués que sont tous ces fantômes anonymes en mal de sensations fortes, assoiffés de scandales, derrière leurs pseudos et leurs écrans. Internet est devenu une arène romaine, une fosse aux lions.

 

Cela me gêne et me dérange. Pas qu’on puisse être choqué ou ulcéré. On en a parfaitement le droit. C’est compréhensible, surtout si l’on a soi-même vécu des situations de violences conjugales. Ce qui me choque c’est de se trouver l’excuse de la virtualité pour se déchainer. A plus forte raison lorsqu’on ne sait pas, ou en tout cas pas tout, des événements et des gens. Lorsqu’on n’a qu’un seul son de cloche et qu’on ne veut pas considérer d’autres opinions, qu’on ne veut pas chercher plus loin.

 

C’est le problème de nos sociétés sur-connectées et « virtualisées », où le quant-à-soi n’existe plus.

 

C’est aussi un problème sémantique. Aujourd’hui on emploie à tort et à travers des mots sans plus faire attention à leurs véritables sens. Et même sans les connaître parfois. Pourvu qu’on puisse se délivrer en crachant son fiel.

 

Dès 2012, lorsque Bertrand Cantat s’était lancé en groupe avec Detroit, on y avait eu droit. « Assassin », « meurtrier », « crime », « meurtre », « assassinat ». Ces mots revenaient déjà constamment, partout, comme une mauvaise ritournelle.

 

Pourtant, il est absolument inexact d’employer ces mots. Petit cours rapide de sémantique juridique rien que pour vous !

 

Au sens de la loi, un assassinat est un acte commis avec préméditation. Toujours au sens de la loi (j’insiste bien là-dessus car, jusqu’à nouvel ordre, la loi prévaut sur les émotions et les sentiments), un meurtre est le fait de donner volontairement la mort à autrui. Si vous vous penchez sur le Code Pénal, vous retrouverez sans peine ses définitions et tout ce qui s’y rattache.

 

Je vous le dis tout net avant de continuer : je ne cherche pas ici à le dédouaner, l’excuser, à l’idéaliser ou pardonner. Il y a des gestes qui, peu importe comment, par qui et pour quoi ils sont arrivés, ne se pardonnent pas. Ou alors avec une grande force d’esprit et une grande foi, après des années de travail sur soi. Ce que, pour ma part, je ne me sens pas a priori de faire. Mais je voulais m’exprimer sur ce sujet parce que beaucoup de choses me semblent tout de même injustes dans le traitement qu’on réserve à cette « affaire ».

 

J’ai aimé Noir Désir, j’ai admiré Bertrand Cantat, l’Artiste, pour ses idées, ses combats. J’ai aimé l’homme aussi pour ce qu’il était physiquement, pour l’aura indéniable qu’il dégage, il faut bien que je sois honnête. J’aime toujours Noir Désir et je continue à aimer, suivre et adhérer volontiers au travail de Bertrand Cantat, l’Artiste. Il a été, est et restera l’une des plus belles plumes et voix du rock français, quoi qu’on dise. Mais il ne m’est évidemment plus possible d’adhérer à autre chose que sa part artistique.

 

Cependant, il faut voir une chose en face : on a érigé injustement et maladroitement Cantat en porte-drapeau des violences faites aux femmes. Il en est devenu le symbole, malgré lui. Il est soudainement devenu une cible générale sur laquelle on s’est octroyé le droit de décocher toutes les flèches, au nom de tous ceux qui exercent ou ont exercé des violences sur leurs compagnes ou femmes. Mais de quel droit fait-on ça ? Il y a autant de types de violences qu’il y a de types d’individus violents. Le problème est bien plus profond et complexe qu’il n’y parait. Chacun d’eux mérite donc un traitement différencié. Aucune violence ne se ressemble, tant par leurs origines que par leurs causes, leurs motifs. Si tant est qu’on puisse en trouver un, alors même que rien, bien évidemment, ne peut justifier son usage. Nous serons au moins d’accord là-dessus. Même Cantat lui-même ne s’explique toujours pas son geste.

 

Mais des Cantat, la France et même le monde en sont remplis. Tous les jours depuis la nuit des temps, des personnes meurent sous les coups (intentionnels, ceux-là) de leurs conjoint(e)s sans un mot, sans une annonce, sans une publicité. Et parfois même ils recommencent sur d’autres, et puis d’autres… Sans jamais être démasqués ni condamnés, des années durant. Le seul « tort » qu’on puisse imputer à Cantat ici c’est d’être un personnage public, médiatique, donc plus facile et rapide à atteindre et détruire.

 

Sur la question de la violence virtuelle, se pose aussi la question de la réponse. Alors que Cantat a interdiction d’évoquer publiquement l’affaire et qu’il s’y tient, depuis des années le public autant que les médias ou la famille Trintignant et les amis de celle-ci ne se privent pas, dès que cela leur est possible, de cracher leur haine, que ce soit par médias, livres ou émissions interposés. Il est facile mais très limite de descendre quelqu’un qui n’a aucun droit de réponse. Facile oui, puisqu’il est persona non grata partout désormais. Pire, certains propos pourraient passer pour de la diffamation. Par respect pour cette notion d’égalité qui m’est chère, cela me gêne énormément. Et pour faire monter la sauce et exciter les haines, on peut compter sur la bien-pensance médiatique qui se fait une joie de relayer des propos venus deci delà pour faire leurs choux gras de ce que j’appelle leurs torchons. Quitte à en rajouter des couches et des couches, transformer ou inventer des éléments avec quelques aides complices. A ce titre, je vous recommande de regarder et écouter cette interview très instructive et constructive de Xavier Cantat. Le frère de Bertrand Cantat s'exprime dans feue l'émission de Thierry Ardisson, « Tout le monde en parle ».

 

Dans cette intervention, Xavier Cantat expose entre autres un fait qui me parait intéressant. Vous regarderez la vidéo pour avoir les termes exacts mais la question qu’il pose se résume ainsi : pourquoi est-il à ce point inconcevable pour les gens qu’une femme puisse être à l’origine d’une dispute ? Allant plus loin encore, il poursuit avec cette question qui complète la première : pourquoi est-ce tout aussi impossible d’entendre qu’une femme puisse porter les premiers coups dans une dispute ? Voilà une interrogation qui mérite qu’on s’y attarde. Oui, une femme peut aussi porter des coups la première sur un homme, c’est une réalité. L’homme va répondre à cette violence. Mais alors une femme qui frappe est condamnable à la même hauteur qu’un homme. La pulsion qui incite irrésistiblement à frapper et qui ne peut être contrôlée est condamnable, qu’on soit un homme ou une femme.

 

On peut parler ici de Jacqueline Sauvage. Oui, elle a été maltraitée durant plus de quarante ans par son mari. Fait hautement condamnable. Mais est-ce que se faire justice soi-même en tuant son mari était la meilleure solution ? Elle a tué, elle a eu une condamnation. Puis a été graciée, compte tenu des circonstances. Elle a subi la violence, mais elle l’a redonnée aussi, de manière irrémédiable.

 

La violence est condamnable des deux côtés, à plus forte raison que la force entre un homme et une femme est de toute façon complètement inégalitaire, déséquilibrée. Rien ne peut justifier un pareil geste, qu’il soit initié par l’homme ou la femme.

 

Toujours dans mon but de ne taper ni favoriser l’un ou l’autre, si Bertrand Cantat a un problème psychologique manifeste, Marie Trintignant n’était pas pour autant une oie blanche exempte de tout vice ou défaut. Mais je ne vous apprendrai rien puisque cela est de notoriété publique. Encore faut-il l’admettre.

 

Tout cela me rappelle l’histoire de l’hystérie, dont on avait décrété qu’elle était une « pathologie exclusivement féminine » durant l’Antiquité (hystérie venant du grec et signifiant « utérus »). Alors que bien plus tard, au XIXème siècle notamment, grâce aux efforts de Charcot et Freud entre autres, il a été démontré que l’hystérie touchait aussi les hommes.

 

Ici c’est exactement le même raisonnement.

 

A mon sens, on oublie également un peu trop vite la notion de passion destructrice. Il apparaît évident, au travers de différents témoignages, que Marie Trintignant et Bertrand Cantat s’aimaient vraiment. Follement. Et c’est bien là le noyau du problème. L’amour passionnel, fou donc, peut être destructeur. Or il faut bien comprendre que c’est un mode de fonctionnement à part entière et que certains couples sont incapables de s’aimer autrement. C’est un mode de fonctionnement qui peut finir par créer ce genre d’accidents. Il semblerait que ce fut leur cas. Et personne ne peut rien y faire.

 

Beaucoup, je le sais, sont attachés à la notion d’humanité. Mais étonnamment, lorsque ressort le nom de Bertrand Cantat, on l’oublie bien vite. Pourtant, je suis persuadée que oui, ceci était un banal accident, une bagarre, un malheureux fait divers. Mais qui s’est mal terminé. Bien qu’on veuille balayer d’un revers de la main ces hypothèses, parce qu’elles sont trop gênantes pour notre psychisme et pour ce qu’autrui pourrait penser de nous si l’on avançait un argument autre que celui qui est socialement admis.

 

Au final, qu’on le veuille ou non, Bertrand Cantat reste un homme. Avec son passé, ses actes, son vécu. Avec ses zones d’ombre, son caractère, ses mystères. Ses qualités aussi (parce que, ne vous déplaise, tout n’est jamais tout blanc ou tout noir. Chez personne, vous comme moi). Marie Trintignant de même. Les victimes collatérales je ne reviendrai pas dessus, on les connaît toutes. Et c’est bien triste, oui, c’est infiniment vrai. Si vous n’arrivez pas malgré ça à intégrer cette notion d’humanité, alors il serait temps de repenser à la remise en place des supplices moyenâgeux ou de la peine de mort. Ça vous choque ? Pourtant c’est bien la mort qu’on lui souhaite souvent, voire qui lui est franchement recommandée. Et la peine capitale semble le moyen le plus rapide et sûr pour arriver à ce résultat… Cet homme vit et vivra désormais toute sa vie avec ses remords, ses regrets, ses fantômes, ses propres incompréhensions. Voilà, pour la peine capitale, on y est, rassurez-vous !

 

Je vous encourage également à lire cet article du journal Le Parisien. C'est un entretien avec le juge même qui a fait libérer Bertrand Cantat il y a 10 ans. Il s’exprime suite à la récente parution du célèbre magazine Les Inrockuptibles, y présentant l’Artiste en couverture.

 

 

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Dans cet article, parmi toutes ses paroles, le juge soulève quelque chose d’intéressant : il parle de « dictature de l’émotion ». Il apparait tout à fait exact d’employer ce terme. Pour parler de ça, il conviendrait de garder la tête froide, de rester neutre, laissant de côté haine et complaisance. Je crois en effet que lorsqu’une telle d’affaire éclate, la plupart du temps elle sera jugée uniquement par le prisme de l’émotion, ce qui induira inévitablement un jugement plus que violent. Et donc une erreur. Emotions et impartialité ne font jamais bon ménage, personne ne pourra me contredire là-dessus. Bien qu’il soit normal de réagir viscéralement à une chose aussi atroce et face à laquelle on reste démuni. Qu’il apparaisse en grand sur la couverture, OK, je conçois que ça puisse déranger les plus sensibles. Mais qu’on veuille l’empêcher, ou qu’on souhaite simplement qu’il ne puisse plus exercer son Art à travers la production de CD ou de la scène… Il a payé, il paie encore et paiera toute sa vie. Il a bénéficié des mêmes droits et procédures qu’un détenu lambda. La réinsertion sous conditions strictes est un droit, il y a été éligible. Il aurait été jardinier, on ne verrait pas le problème. Mais encore une fois, il est musicien, il est connu.

 

Vous ne l’aimez pas ? Ne lisez pas ce qui parait à son sujet, n’achetez pas ses CD, n’allez pas le voir en concert ! C’est pourtant d’une logique simple, facile et déconcertante, non ?

 

Dernière question-réflexion et je vous laisse : prenez la même histoire mais inversez les rôles des protagonistes. Alors maintenant, la femme dans cette histoire, c’est quoi ? Une héroïne ?... Pensez-y bien fort, réfléchissez au sens de cette interrogation et concluez, si vous le pouvez…


27/10/2017
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Femme je suis, oui mais...

Première collab' avec LaplisiTol à lire en cliquant ICI.


22/10/2017
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