jolismots-et-doucesnotes

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10 Avril 2012: Décider de mourir, « ça se discute », c’est « toute une histoire », mais au final « c’est mon choix »!

 

Avant de commencer, et histoire d’introduire le sujet tout en légèreté,  je vous demande de m’excuser pour la facilité du titre de cet article et du même coup, de m’excuser également pour mes références télévisuelles!

 

Pour autant, après avoir vu ce soir un reportage sur la mort de l’ancien président français François Mitterrand au JT, je me demande quand va cesser cette hypocrisie qui règne autour du sujet relatif à la fin de vie. Et ce d’ailleurs qu’on soit un illustre personnage ou pas. Je dirai même que le sujet prend toute son importance surtout lorsqu’on est un citoyen lambda. Dois-je comprendre par là que la vie d’un personnage connu vaut plus qu’on se penche sur son sort qu’une « personne du peuple »? Voilà déjà quelque chose qui me chiffonne…

 

Je n’exposerai ici que mon humble avis sur le sujet.

 

En premier lieu, je trouve que ce terme « euthanasie » n’est pas approprié pour un être humain. Déjà que pour un animal j’ai du mal, mais là, je trouve ça violent, inhumain. Je préfère largement parler de « droit de mourir dans la dignité » ou d’ »assistance à la fin de vie ».

 

Etant très impliquée et concernée par ce sujet, j’ai eu la chance de pouvoir en parler avec le président d’une association qui se bat pour cette noble cause. J’en suis régulièrement les (bien maigres) évolutions, j’en parle autour de moi, suis ce qui se fait à l’étranger. D’ailleurs je trouve scandaleux qu’il faille migrer en Suisse ou en Belgique pour espérer trouver l’apaisement dans les derniers moments, cruciaux on le sait. Je trouve que d’infliger ça à des personnes souffrantes et leurs familles constitue une humiliation supplémentaire. Au lieu de pouvoir profiter simplement, dignement et en toute quiétude de ces derniers instants, il leurs faut gérer de la paperasse, des déplacements. Et surtout de la culpabilité aussi puisqu’on fait tout pour les faire passer pour des criminels.

 

Il faut également, et en premier sans doute, pointer du doigt nos courageux politiques incapables d’imposer ou tout au moins initier ne serait-ce qu’une simple réflexion pour faire tenter d’avancer la chose. Ils préfèrent tout simplement éluder le sujet. Bien sûr que c’est une pratique à encadrer, bien sûr qu’il faut analyser les choses au cas par cas. C’est, au contraire, du manque d’encadrement et de la clandestinité de l’acte que viennent les abus. Mais ça visiblement, ça en dépasse plus d’un.

 

Ancienne étudiante de filière sociale, j’ai pu aussi aborder ce sujet à l’école et sur le terrain. J’ai également voulu, dans la possibilité d’effectuer mon mémoire de fin d’année, en faire mon sujet d’étude. Et déjà là, les écueils étaient nombreux. Je me suis rendue compte à quel point au sein même du milieu médical on ne parlait pas de ça, tant les travailleurs sociaux que les médecins ou les infirmières. Pire même, on ne prend absolument pas en considération la parole du patient. Je me souviens notamment d’une vieille dame qui a clairement verbalisé le fait qu’elle voulait mourir. Gentille stagiaire que j’étais, je m’en vais en parler à ma responsable de stage et à l’équipe soignante. Pour toute réponse, j’ai eu droit à: « Oh ne l’écoute surtout pas, elle délire complètement! »!!!! Tout simplement effarant!

 

Il existe une commission qui « réfléchit » au sujet, comme il existe des commissions internes aux établissements de soins qui « examinent » les demandes des patients qui souhaitent en finir avec la souffrance. Mais il va falloir qu’on m’explique: réfléchir à quoi??? Examiner quoi??? A partir du moment où on sait la situation désespérée, la personne condamnée, souffrante en plus, que cette personne à expressément demander à mourir auprès du personnel soignant ou via un écrit, de quel droit ces gens de l’Intelligentsia médicale peuvent se permettre un quelconque avis contraire à ce choix???  Dans ce contexte, qui sont-ils pour juger que personne ne mérite de mourir, que l’on n’a aucun droit de vie ou de mort sur autrui. Je me dis souvent que j’aimerai beaucoup voir leurs réactions s’il s’agissait d’eux-même ou d’un proche!

 

La seule réponse est-elle vraiment de simplement arrêter de nourrir le patient? Permettez-moi de ne pas y croire et de m’insurger contre cette pratique. Pour le coup, ça je trouve que c’est vraiment de la torture, de la maltraitance.

 

Je parlais plus haut de la culpabilité des familles. Lorsqu’on entend dans les médias les affaires de toutes ces courageuses personnes (membres des familles ou personnels soignants) qui passent devant les tribunaux pour avoir courageusement ôter la vie à un père, une mère, un fils, une fille, je ne peux m’empêcher de penser que ces « hommes de lois » sensés délivrer la justice font tout le contraire. On leur fait bien sentir qu’ils sont coupables d’homicides. Mais eux non plus ne sont à leur tour pas accompagnés, alors qu’il s’agit véritablement d’un acte d’amour. Là aussi il y aurait des efforts à faire.

 

D’autant plus que, ne nous leurrons pas, cette pratique est organisée tout les jours, « sous la veste » malheureusement. Mais c’est déjà ça. Attention, je ne cautionne pas cette clandestinité, mais à défaut de mieux…

 

Pour Chantal Sébire, Vincent Humbert et toutes ces autres personnes ayant bénéficié de ce type d’accompagnement, pour toutes celles à venir (et je garde à l’esprit que cela pourrait être moi), il faut continuer à se battre, à affirmer nos positions.

 

Finalement, prolonger la vie dans quel but quand tout est fini? J’ai la triste impression que c’est juste pour continuer à engraisser les laboratoires pharmaceutiques. La santé (ou plutôt la maladie), tout comme la vieillesse et le handicap d’ailleurs, est un business juteux qu’on fait sur le dos de gens et de familles désemparés…

 

Je n’ai pas demandé à naître, je ne vois pas pourquoi je n’aurai pas droit de décider de ma propre mort…

 

J’ai conscience que cet article pourra peut-être choquer par sa position, mais susciter une réaction c’est déjà bien mieux que de rester là, sans rien faire ou rien penser, voire d’ignorer le problème comme le font déjà si bien certains, ainsi que je l’ai dit plus haut.

 

Mais d’ici à ce que quelque chose soit fait, dormez en paix, le changement n’est pas pour demain… Malheureusement…



27/03/2013
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