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Pour vos cages à miel...

Vous hésitez à aller voir un Artiste en concert ou à acheter son œuvre? Je tente ici, avec mes coups de cœur, de vous aiguiller par mes chroniques musique! Venez écouter avec vos yeux et voir avec vos oreilles! ;)


Gaëtan Roussel, de retour dans le "trafic"

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J'avais laissé avec regrets Gaëtan Roussel l'an dernier, en fermant son joli recueil de nouvelles. Avant cela, il y avait eu la parenthèse enchantée de Lady Sir, qui elle-même succédait à un retour triomphal de Louise Attaque. Mais Gaëtan Roussel en solo me manquait. La dernière fois, rappelez-vous, c'était pour l'album "Orpailleur".

 

Cette fois il revient avec un nouvel album intitulé "Trafic", sorti ce 28 Septembre 2018. Pour moi c'est toujours un événement. Il est en effet un Artiste essentiel dans ma vie de mélomane. Essentiel à plusieurs endroits: pour ses mots, ses mélodies et surtout sa voix si atypique qui me fait toujours frissonner dès les premières paroles sans aucun équivalent possible.

 

J'avais découvert avec une grande émotion le premier extrait de ce bijou, à travers le titre "Hope". Dès la première écoute je suis happée et je pressens là quelque chose d'excellent qui se profile à l'horizon. Si ce titre m'a autant ému, c'est que son thème - la perte de mémoire - est, une fois de plus sous cette plume géniale, évoqué avec finesse et pudeur. Mais le lien est aussi à faire avec une des nouvelles de son recueil.

 

C'est donc avec un certain empressement que j'ai écouté cet album...

 

Du côté des sons, s'il y a moins d'électro, présente par touches tout comme l'anglais, et de recherches à ce niveau que dans ses opus précédents, si c'est la pop qui domine, l'ensemble tient sans conteste largement la route. C'est bien la force des albums de Gaëtan Roussel. En effet, il n'a jamais hésité à mélanger les styles, avec brio. Mais cette fois, priorité à une musicalité plus simple, plus dépouillée et pourtant toujours si belle. Ce sont davantage les mots qui font la musique, lui qui a systématiquement accordé une grande place à la poésie dans tous ses textes. Avec, systématique, cette notion de mouvement, qui lui semble si chère. C'est ce que j'aime chez lui: chacun y voit ce qu'il veut, peut interpréter en fonction de son vécu, de ses sentiments, de ses humeurs du moment. Et à chaque écoute se dessine quelque chose de nouveau, non décelé auparavant. Je l'admire grandement pour ça. Il y a là-dedans une part de magie, d'inexpliqué et d'inexplicable.

 

Les coups de cœur se sont avérés clairs tout de suite au milieu de cet écrin: "Hope" évidemment. Mais également des titres comme "Tu me manques (pourtant tu es là)", en duo avec Vanessa Paradis. Bien que je ne sois pas fan de cette Artiste, je dois reconnaitre que leurs deux voix se marient à merveille. C'est donc une collaboration supplémentaire entre les deux Artistes menée de mains de Maître, après qu'il ait écrit pour elle le titre "Il y a ". Je dois mentionner aussi "N'être personne" ou encore "Ne tombe pas" au rang des chansons qui auront chez moi provoqué des frissons et quelques larmes d'émotion et de passion.

 

Les musiques sont légères, dansantes et aériennes mais ne nous méprenons pas. Les thèmes abordés sont tout à l'inverse sombres et emprunts de mélancolie, traitant de la peur, l'addiction, la perte à différents niveaux, différentes intensités.

 

Enfin, pour parler un peu de l'artwork, c'est encore le talentueux Yann Orhan qui s'en est chargé. Si vous me lisez un peu, vous connaissez son nom, puisqu'il a aussi travaillé avec Cali et Bertrand Cantat.

 

Je ne peux donc que trop vous conseiller de vous procurer cet album qui figure déjà comme une de mes préférences de cette presque fin d'année. Ça s'écoute et se réécoute sans aucune lassitude!

 

Enfin, sachez que Gaëtan Roussel sera de passage à Nancy, à L'Autre Canal, le 22 Novembre 2018.


04/10/2018
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Le retour de l'homme-soleil

 

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Mesdames, messieurs, je vous invite à être hautement attentifs à ce qui va suivre!

 

C'est un article important puisque je vais vous parler d'un Artiste du cru que j'affectionne particulièrement. Sans doute que si vous me suivez depuis un certain temps, vous avez déjà lu l'interview que j'avais réalisée en Décembre 2012 ou bien cet article réalisé encore quelques mois plus tôt.

 

Voilà déjà 7 ans que je suis Dom Colmé. Ce n'est pourtant pas mon habitude que de suivre un Artiste local. Mais dès le début avec lui ce fut spécial. Vous l'avez certainement lu, j'ai beaucoup de respect non seulement pour l'homme, mais aussi pour l'Artiste. J'ai tout de suite senti chez lui un je-ne-sais-quoi de plus que les autres. Alors de soirées concerts en nouvelles chansons et discussions, je me suis très vite dit que soutenir ses créations ne pouvait être qu'un geste logique.

 

Aujourd'hui, celui qui a foulé les scènes des plus grands festivals et fait les premières parties des plus prestigieux Artistes de notre Hexagone, revient sur le devant de la scène avec un nouvel album intitulé "Dans les cordes", financé notamment avec succès grâce à la générosité de ceux qui croient en lui, via la plateforme Ulule.

 

Ce nouvel opus, conçu comme un voyage, donne à écouter un bel ensemble cohérent, aérien de 10 nouveaux titres. Il y explore de sa voix enveloppante et avec toute sa sensibilité et sa fragilité, son indéfectible poésie et sa chaleur en bandoulière, l'intime, l'amour, les relations humaines et amoureuses. L'électricité des sentiments et les doutes, les douleurs, la solitude, les regrets se mêlent à l'apaisement et à la tendresse, notamment celle d'un père. Bien sûr, il y a toujours au centre de tout la notion de liberté, qui lui est si chère.

 

Un travail de très belle qualité qui est aussi le fait de l'équipe dont il a su s'entourer, à savoir les fidèles: avec une grande équipe qui constitue les chœurs, Patrice "Gonzo" Hue est aux percussions, Stéphane Glanois à la basse, Thierry Reichmuth aux guitares et ukulélé, Julien Lebart (par ailleurs fidèle de l'équipe de Cali) aux claviers, piano et orgues, ainsi qu'à l'enregistrement, au mixage et à la réalisation. François Miniconi est aux congas. On retrouve l'expérience de Jean-Pascal Boffo au mastering. Pour les paroles, il s'est entouré, entre autres, de deux fidèles également que sont Gilles Thiam et Jean Wende, ainsi que Marie Demesmay. Quant à l'artwork très classe et sobre en noir et blanc, signé Jean-François Mougenot, Lo Zang à l'infographie, pouvait-il y avoir plus bel écrin pour renfermer ces nouvelles pépites intimes?!

 

Du côté des sonorités, l'ambiance est globalement plus au blues et à la soul, à la folk par touches aussi, qu'à l'ensoleillé sautillement funky auquel on pouvait avoir l'habitude dans ses précédentes créations. Pour les initiés, on est plus proche de titres comme "Terrain d'ébène" que de "J'irai". Donc on chaloupe plus qu'on ne saute et c'est très bien ainsi! Dom Colmé joue cette fois sur et "dans les cordes" sensibles sur tous les plans! Par la même occasion, il confirme ici son statut de "passeur d'émotions".

 

En ce qui concerne mes préférences, elles vont à des titres comme "Parenthèse-moi", "Extralucide" ou encore "A l'étroit", même si finalement tous me plaisent tels qu'ils sont.

 

Vous voulez un aperçu?! Voici donc un petit teaser bien comme il faut!

 

Pour fêter ce retour et apprécier au mieux son travail, un concert aura lieu le 18 Mai 2018 à Metz, à l'Aérogare. Si vous souhaitez en savoir plus, rendez-vous sur la page Facebook de l'événement. Mais vous pouvez aussi, et je vous y encourage si ce n'est pas déjà fait, vous rendre sur la page Facebook ou encore le site officiel de Dom Colmé.

 

Je constate pour ma part que l'envoûtement perdure, année après année, pour mon plus grand bonheur! Celui-là même que j'ai souhaité vous faire partager avec ces quelques mots...

 

Parce que l'été approchant, c'est le genre d'album rafraîchissant qu'on se voit parfaitement bien écouter allongé sur un transat, en sirotant un cocktail bien frais!


21/04/2018
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Le retour d'un MC et sa poésie

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A vous qui me lisez, fidèlement ou plus occasionnellement, sachez que je suis infiniment contente depuis le 3 Novembre 2017. En effet, c'est à cette date qu'est sorti le nouvel album du Pape du rap, le grand MC Solaar. Un album qu'il a choisi d'intituler "Géopoétique".

 

Il a fallu patienter dix ans! Dix ans pour tenir enfin entre les mains cet opus dont je me demandais impatiemment ce qu'il pouvait bien contenir.

 

A l'écoute, la magie poétique opère plus que jamais, aussi fortement que lorsque j'écoutais "Caroline" ou "Solaar pleure". Et pour cause, l'intro fait un agréable rappel à d'anciens titres!

 

S'il a quelque chose de délicieusement vintage, cet album est toutefois résolument moderne, urbain. Moderne par ses sonorités d'abord, qui mélangent habilement le jazz, le funk ou bien encore l'électro. Par son écriture ensuite.

 

Elle est moderne par les thèmes abordés et pour lesquels il se pose en observateur de son époque. Comme toujours avec le Maître, c'est riche, complexe en termes de rythmes, de références culturelles et de vocabulaire. Évidemment, il y a aussi cette spiritualité qui plane sur ses textes et qu'il distille par touches subtiles dans ses vers. Parfois il y a de l'humour, du cynisme. A une juste dose.

 

Quant à son flow, comment vous dire?! C'est impeccable, limpide, c'est aussi léger, aérien et musical qu'avant. Pour tout dire, il m'a toujours impressionné pour ça.

 

Lorsqu'on écoute MC Solaar, on n'écoute pas des chansons. Non. Mais on assiste véritablement au déroulement d'un scénario, d'une histoire unique et réaliste, d'un pan de vie. Des histoires ordinaires au fond, déclamées avec un petit quelque chose d'extraordinaire, dans lesquelles il arrive systématiquement à nous faire glisser.

 

Alors lorsqu'il dénonce certaines dérives, comme c'est le cas dans "L'Attrape-nigaud", il reste classe, posé, doux même.

 

Au-delà des considérations musicales, il est donc resté fidèle à sa ligne de conduite qu'il a depuis ses débuts, et qui consiste à penser que la musique, plutôt que d'exacerber des tensions, se doit au contraire, selon la formule consacrée, d'adoucir les mœurs.

 

Du côté de mes préférences, je ne saurais pas vous dire quel titre est meilleur qu'un autre, tant ils sont tous intéressants. Mais il est vrai que pour moi, trois morceaux se détachent malgré tout du lot: "Eksassaute", "Adam & Eve" et enfin "Sonotone", qui avait été le premier titre dévoilé sur les ondes avant la sortie de l'album.

 

J'aimerais maintenant pouvoir le voir sur scène. Le poète sera sur la scène du Zénith de Nancy à Maxéville le 9 Novembre 2018.

 

A l'heure où l'image du rap est franchement malmenée, pour ne pas dire salie, par tout un tas de guignols à l'écriture aussi pauvre et douteuse que leurs mœurs, qui ont l'auto-tune facile et lourd, qui sévissent dans le paysage musical français, son retour fait un bien fou. Il donne encore une fois une leçon de rap, dans ce que ce genre a de plus pur, de plus vrai. Une façon d'asseoir son statut de leader incontesté et incontestable du genre. Et aussi de redonner ses lettres de noblesse à un style de musique codifié, injustement boudé, dénigré, caricaturé, moqué...


26/01/2018
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La vie selon P!nk

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Rêveurs, rêveuses mélomanes, voilà une chronique qui, je l'espère, vous donnera une fois de plus l'envie de vous pencher sur les Artistes que je vous présente régulièrement et que j'adore.

 

A l'occasion des fêtes de Noël, j'ai eu le bonheur de me voir offrir le dernier-né de P!nk intitulé "Beautiful trauma", sorti en Octobre 2017.

 

Vous le savez, j'écoute peu de musiques chantées par des femmes. Mais avec elle, tout est différent. Je la suis assidûment depuis son premier album sorti en 2000. Chez cette femme, j'aime et admire absolument tout: au-delà du fait qu'elle soit canon, j'aime son audace, son style, son incroyable grain de voix, puissant, râpeux, plein de belles cassures et donc d'émotions. J'aime ce qu'elle dégage de force, de caractère, de joie autant que de sensibilité et de fragilités. J'aime son côté grande gueule sans en faire des caisses et sans basculer dans la caricature. Et puis ses combats, ses engagements vont dans le sens des miens, tant dans le contenu que dans sa manière de les dire ou de les mener. Certaines de ses chansons ont fait et font encore grandement écho en moi à différentes périodes de ma vie. En fait, j'aime cette femme parce que pour une fois elle ressemble à toutes les femmes du monde. Elle est vraie, authentique, naturelle, sans artifices. P!nk, c'est la femme qui te donne envie d'en être une!

 

Quelques longues années depuis son dernier album ont été nécessaires pour aboutir à cet album qui est, pour moi et de loin, le meilleur de sa longue et riche carrière. Et ce pour deux raisons principalement: d'une part parce qu'il est musicalement riche avec ses rythmes de rap, de rock, de gospel, de pop, de folk. D'autre part parce que c'est sans doute aussi son album le plus personnel, le plus mature.

 

En effet, sur cet album elle se dévoile comme jamais elle ne l'avait fait auparavant, au travers de ces titres qu'elle a entièrement co-écrits. Qu'il s'agisse de ses blessures et ses doutes de femme, de ses bonheurs et ses difficultés de femme et de mère, du climat politique de son pays, de ses souvenirs et ses traumatismes d'enfance, l'Artiste semble avoir baissé sa garde pour oser se dévoiler ainsi. Pour notre plus grand bonheur!

 

Musicalement, c'est un mélange aussi énergisant que bouleversant. Dès la première écoute, j'ai eu d'incontestables coups de cœur, à l'image du très puissant  "What about us" qui m'a fait danser tout l'été. Et puis très vite, la liste s'allonge avec le tubesque et dansant "Secret" qui promet de faire un malheur sur tous les dancefloor de la planète, autant que l'entrainant "Where we go" ou le gospel énergique de "I am here".

 

Du côté des ballades, j'ai pu également avoir ma dose d'émotions avec en première ligne le déchirant "Barbies", qui emporte tout sur son passage et que j'écoute en boucle tant il me plait. Tout autant que des morceaux comme "Wild hearts can't be broken" ou "You get my love", piano-voix intense qui ferme impeccablement l'album. Je vous laisse découvrir les autres titres, tous aussi bons et efficaces les uns que les autres.

 

La diversité des rythmes autant que des thèmes traduit bien l'idée selon laquelle "la vie est aussi durement traumatisante qu'incroyablement belle", dixit P!nk elle-même.

 

A signaler un morceau en duo avec Eminem qui, bien que répétitif, tournant en rond au bout d'un certain temps, un peu en-dessous du niveau des 12 autres titres, reste tout de même un bon morceau qui s'écoute avec plaisir.

 

Pour résumer, je ne peux que vous conseiller de vous jeter sur ce nouvel opus qui fait déjà un carton chez nous comme dans tous les pays où il est sorti.

 

Et si un jour j'ai la chance de la voir sur scène, alors ce ne sera qu'un doux bonus...


25/01/2018
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Amor Fati de Bertrand Cantat

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Au revoir 2017, bonjour 2018! Pour ce premier article de l'année, j'ai souhaité chroniquer un album que le Père Noël avait dans sa hotte pour moi!

 

C'est le 1er Décembre 2017 qu'est sorti l'album que Bertrand Cantat a publié sous son nom, intitulé "Amor Fati".

 

Ce titre mystérieux a aiguisé ma curiosité dans un premier temps. Petite leçon de philosophie express: c'est Nietzsche qui a introduit cette locution latine. Celle-ci traduit l'idée d'aimer, d'accepter son destin et ses conséquences, quels qu'ils soient, puisqu'on ne peut rien y changer. Le chaos qui règne en soi permet alors de mieux s'exprimer et de faire ressortir le positif de soi. Une sorte de résilience finalement. Littéralement, "Amor fati" signifie "l'amour du destin".

 

Je n'ai jamais douté de la grande culture de Bertrand Cantat, c'est pourquoi cette richesse ne me surprend pas. Ça m'a encore moins étonné lorsque j'ai découvert les textes (que je lis toujours globalement avant d'écouter un album).

 

Le moins que je puisse dire c'est que c'est un album qui s'apprivoise. En effet, je n'ai pas eu de coup de foudre immédiat, absolu, à la première écoute. Il m'a fallu trois, voire quatre écoutes successives pour que commencent à s'en dessiner certains et que j'entre pleinement dans son univers, que j'en apprécie les moindres recoins à leur juste valeur. Comme j'avais pu apprécier, dès la première écoute pour le coup, son travail avec Noir Désir ou Détroit. J'aurais pu être déçue, mais non, j'ai persévéré. Avec raison!

 

Ce nouvel opus regorge de beautés et de richesses, tant musicales que textuelles. Là, les coups de foudre sont arrivés au nombre de deux, à l'image des magnifiques "Amor Fati" et "Chuis con". J'aime probablement ces titres parce que je m'y reconnais pleinement et que je peux m'identifier sans peine. Outre ces deux titres, j'ai trouvé que deux autres morceaux étaient parfaitement réussis sur tous les plans et sortaient du lot: "Les pluies diluviennes" et "Anthracitéor". Mention spéciale enfin pour "Maybe I", qui ferme superbement l'album. Juste parce que j'adore l'entendre chanter en anglais et que musicalement elle décolle la peau, notamment grâce à l'harmonica et au timbre de voix plus fragile.

 

Si l'on a toujours été dans l'habitude de sons très marqués par le rock, on en est loin, même si les belles guitares sont présentes, comme une évidence. L'électro fait joliment son entrée, parsemée de touches se situant entre rap et slam. Ce n'est pourtant pas son style de prédilection, l'exercice aurait pu s'avérer périlleux mais ça fonctionne sans que ça le couvre de ridicule, bien au contraire. Certains autres sons semblent plus expérimentaux mais ne desservent en rien la qualité. Bien que le morceau "L'Angleterre" dénote musicalement de l'ensemble par son côté très (voire trop) commercial pour moi, il reste mélodiquement efficace. Parce que je vous concède volontiers le fait qu'il fallait bien toute la maestria d'un Cantat pour écrire un tel texte sans jamais passer pour un vulgaire et prétentieux donneur de leçons.

 

Par ailleurs, on ne peut nier qu'il puisse parfois y avoir des ponts entre ces chansons et quelques anciennes de Noir Désir, autant dans les textes que dans les sonorités. Il n'y a qu'à écouter "Aujourd'hui" pour s'en rendre compte!

 

Du côté de l'écriture, c'est le même ravissement, album après album, chanson après chanson. Étant plus jeune, il m'a permis d'apprendre des mots et ça continue! Je ne sais comment il fait pour garder sans jamais faiblir cette plume aussi fine, juste, aiguisée, insoumise, militante, prête à faire mouche à chaque phrase. Elle fait encore une fois des merveilles et l'on y verra les messages qu'on voudra.

 

Côté voix, si elle est plus douce, plus suave, susurrée, s'il n'y a de véritables envolées lyriques, de réelles tensions électriques qu'à de rares moments, elle est en adéquation totale avec l'idée générale véhiculée dans cet album, à savoir la tranquillité, une certaine idée de l'apaisement. Un certain spleen aussi, malgré tout. Mais ça sonne comme un nouveau départ, un renouveau général. De mon côté, j'aime plus que jamais le timbre de voix, le phrasé, qui me donnent sans cesse des frissons.

 

A signaler aussi l'excellent travail d'artwork. Un travail signé Yann Orhan, connu notamment pour avoir fait ce même travail d'artwork sur le dernier album de Cali, "Les choses défendues". Fan de Cali, c'est là que j'ai découvert le travail de Yann Orhan et j'apprécie vraiment.

 

Il ne me reste plus qu'à attendre impatiemment de le voir en live. Rendez-vous est pris pour le Samedi 21 Avril 2018 à L'Autre Canal, à Nancy! Je lui fais confiance, je sais déjà qu'il va faire monter la fièvre comme il l'avait fait avec Détroit, à deux reprises me concernant.


03/01/2018
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