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Les folies de Cali à l'Autre Canal de Nancy

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Ce Mercredi 29 Avril 2015 fut un beau jour, comme je les aime. Parce que pour la quatrième fois, je me suis rendue au concert que donnait Cali à l'Autre Canal à Nancy. Une belle salle dont j'avais souvent entendu parler et que j'ai eu la joie de découvrir.

 

Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, il me faut signaler une chose bien rare dans le monde des "fans" (j'ai horreur de ce mot, pardonnez-moi!) d'un Artiste: la gentillesse et la compréhension de ceux-ci. Je m'explique: arrivée vers 17h30, histoire d'être au plus près des portes pour entrer, certains, ceux qu'on pourrait qualifier d'irréductibles, sont déjà là depuis bien plus longtemps. Mais qu'importe, je suis en bonne place dans cette file. Je patiente et patiente encore. Les portes s'ouvrent enfin. Ça bouscule un peu mais rien de méchant. Un couple voyant mon handicap me dit de passer devant pour entrer. Mais ayant eu de malheureuses expériences antérieures, je refuse poliment. Ils ont insisté... et ils ont bien fait! Je me dirige vers cette salle vide et m'installe confortablement aux crash barrières. Le tout sans médisance, sans jalousie ni regard dédaigneux. Je ferai la connaissance de deux fans avec qui nous passerons une excellente soirée, tandis que le couple croisé à l'entrée s'installait derrière moi. Si ces personnes me lisent, je leur adresse encore un gros clin d’œil de remerciements sincères. Finalement, les fans sont à son image. Et bien des fans d'autres Artistes, par ailleurs très talentueux, feraient bien d'en prendre un tout petit bout de graine... Chers Califans, soyez fiers de vous, je vous décerne la Palme d'Or du savoir-être et de la courtoisie!

 

Après un énième moment de patience, la première partie entre sur scène. C'est le groupe Luna Gritt. Je connaissais un peu, pour avoir entendu çà et là quelques morceaux que j'avais vraiment aimés. Soyez donc sûrs que je vous en reparle très bientôt! Les bonnes premières parties sont rares. Celle-ci était parfaite!

 

Après leur passage, un ultime moment de patience, puis les lumières s'éteignent et tout démarre enfin. Il apparait. Applaudissements et cris jaillissent de toutes parts sur les premières notes de La vie, quoi. Notre fou furieux préféré est en forme et il le montre en se jetant une première fois dans le public, alors que nous nous étions bien resserrés pour le transporter sur les vagues de cette foule déjà remontée à bloc. Il réitèrera sa promenade aérienne une seconde fois un peu plus tard, jusqu'à inviter les gens à le retrouver au bar! Ce sont ces moments qui nous font vraiment nous sentir bien, comme en communion au cœur d'une belle et grande fête d'un village géant et éphémère, peuplé de fêtards sensibles.

 

Il revient vers la scène et, un coup de hanche et de talon plus tard à mon endroit, nous sommes ailleurs. Pour 2h30. Tour à tour s'enchainent les titres de son dernier album, mêlés aux titres survoltés des précédents. Comme à son habitude, il court, saute, bouge partout, tout le temps. Mais comment fait-il?! Je n'en ai pas fait le quart et je suis déjà morte et liquide! Ça saute, ça bouge et j'adore ça! J'en redemande, encore et encore.

 

L'électricité alterne avec l'émotion, à l'image de Giuseppe et Maria, Je dois te dire tout ça. C'est à ce moment qu'on mesure plus encore la sensibilité de ce grand Artiste et sa capacité à nous faire voyager dans son univers, avec une aisance à en faire pâlir plus d'un. Mais cette électricité n'a pas quitté la salle, et si elle s'était éclipsée quelques instants, c'était pour revenir de plus belle. L'humour en prime! Et là encore, il s'en est donné à cœur joie, alternant les "Oh Nancy!" avec un accent, une prononciation so british et une voix qu'on pourrait qualifier de... suave! Les plaisanteries vont aussi bon train avec ses talentueux musiciens. C'est évident, ils sont heureux, ça se voit, ça se sent et on en profite bien pour leur rendre tout ça. Le public lorrain est peut-être réputé pour aimer picoler (dixit notre espiègle poète!), mais on a su lui montrer que par-dessus tout, nous savions faire preuve de chaleur humaine, de sens de la fête et de l'accueil!

 

Cali ne serait bien sûr pas Cali sans son "bordel magnifique" qu'il sait installer à chaque fois, en invitant des gens sur scène: ici une dame repérée au hasard, ici une surprise totale pour une femme ravie d'avoir fêté ainsi son anniversaire, cadeau surprise orchestré par son amie. Et finalement, c'est toute une armée de joyeux qui montera sur scène pour clore ce concert avec un bel hommage à Maître Ferré. Femmes, hommes, enfants: il n'y a plus d'âge, plus de couleur, plus de condition particulière pour avoir le droit de s'amuser et faire la fête dans son univers de générosité, d'amour et de partage, avec simplicité.

 

Mais c'est déjà la fin... C'est toujours triste une fin, même si on sait qu'il y aura forcément une autre fois à un moment ou à un autre. Le plus vite possible serait le mieux. Une fois le concert fini, bien qu'endolorie par une station debout depuis le milieu de l'après-midi et assoiffée, je suis dans une autre dimension. J'étais loin de me douter que la soirée n'était pas finie pour moi mais ça, chut! Je le garde au fond de mon cœur et de ma mémoire pour toujours... Il y a les souvenirs qu'on partage et ceux qu'on souhaite garder plus ou moins jalousement...



30/04/2015
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