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Amor Fati de Bertrand Cantat

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Au revoir 2017, bonjour 2018! Pour ce premier article de l'année, j'ai souhaité chroniquer un album que le Père Noël avait dans sa hotte pour moi!

 

C'est le 1er Décembre 2017 qu'est sorti l'album que Bertrand Cantat a publié sous son nom, intitulé "Amor Fati".

 

Ce titre mystérieux a aiguisé ma curiosité dans un premier temps. Petite leçon de philosophie express: c'est Nietzsche qui a introduit cette locution latine. Celle-ci traduit l'idée d'aimer, d'accepter son destin et ses conséquences, quels qu'ils soient, puisqu'on ne peut rien y changer. Le chaos qui règne en soi permet alors de mieux s'exprimer et de faire ressortir le positif de soi. Une sorte de résilience finalement. Littéralement, "Amor fati" signifie "l'amour du destin".

 

Je n'ai jamais douté de la grande culture de Bertrand Cantat, c'est pourquoi cette richesse ne me surprend pas. Ça m'a encore moins étonné lorsque j'ai découvert les textes (que je lis toujours globalement avant d'écouter un album).

 

Le moins que je puisse dire c'est que c'est un album qui s'apprivoise. En effet, je n'ai pas eu de coup de foudre immédiat, absolu, à la première écoute. Il m'a fallu trois, voire quatre écoutes successives pour que commencent à s'en dessiner certains et que j'entre pleinement dans son univers, que j'en apprécie les moindres recoins à leur juste valeur. Comme j'avais pu apprécier, dès la première écoute pour le coup, son travail avec Noir Désir ou Détroit. J'aurais pu être déçue, mais non, j'ai persévéré. Avec raison!

 

Ce nouvel opus regorge de beautés et de richesses, tant musicales que textuelles. Là, les coups de foudre sont arrivés au nombre de deux, à l'image des magnifiques "Amor Fati" et "Chuis con". J'aime probablement ces titres parce que je m'y reconnais pleinement et que je peux m'identifier sans peine. Outre ces deux titres, j'ai trouvé que deux autres morceaux étaient parfaitement réussis sur tous les plans et sortaient du lot: "Les pluies diluviennes" et "Anthracitéor". Mention spéciale enfin pour "Maybe I", qui ferme superbement l'album. Juste parce que j'adore l'entendre chanter en anglais et que musicalement elle décolle la peau, notamment grâce à l'harmonica et au timbre de voix plus fragile.

 

Si l'on a toujours été dans l'habitude de sons très marqués par le rock, on en est loin, même si les belles guitares sont présentes, comme une évidence. L'électro fait joliment son entrée, parsemée de touches se situant entre rap et slam. Ce n'est pourtant pas son style de prédilection, l'exercice aurait pu s'avérer périlleux mais ça fonctionne sans que ça le couvre de ridicule, bien au contraire. Certains autres sons semblent plus expérimentaux mais ne desservent en rien la qualité. Bien que le morceau "L'Angleterre" dénote musicalement de l'ensemble par son côté très (voire trop) commercial pour moi, il reste mélodiquement efficace. Parce que je vous concède volontiers le fait qu'il fallait bien toute la maestria d'un Cantat pour écrire un tel texte sans jamais passer pour un vulgaire et prétentieux donneur de leçons.

 

Par ailleurs, on ne peut nier qu'il puisse parfois y avoir des ponts entre ces chansons et quelques anciennes de Noir Désir, autant dans les textes que dans les sonorités. Il n'y a qu'à écouter "Aujourd'hui" pour s'en rendre compte!

 

Du côté de l'écriture, c'est le même ravissement, album après album, chanson après chanson. Étant plus jeune, il m'a permis d'apprendre des mots et ça continue! Je ne sais comment il fait pour garder sans jamais faiblir cette plume aussi fine, juste, aiguisée, insoumise, militante, prête à faire mouche à chaque phrase. Elle fait encore une fois des merveilles et l'on y verra les messages qu'on voudra.

 

Côté voix, si elle est plus douce, plus suave, susurrée, s'il n'y a de véritables envolées lyriques, de réelles tensions électriques qu'à de rares moments, elle est en adéquation totale avec l'idée générale véhiculée dans cet album, à savoir la tranquillité, une certaine idée de l'apaisement. Un certain spleen aussi, malgré tout. Mais ça sonne comme un nouveau départ, un renouveau général. De mon côté, j'aime plus que jamais le timbre de voix, le phrasé, qui me donnent sans cesse des frissons.

 

A signaler aussi l'excellent travail d'artwork. Un travail signé Yann Orhan, connu notamment pour avoir fait ce même travail d'artwork sur le dernier album de Cali, "Les choses défendues". Fan de Cali, c'est là que j'ai découvert le travail de Yann Orhan et j'apprécie vraiment.

 

Il ne me reste plus qu'à attendre impatiemment de le voir en live. Rendez-vous est pris pour le Samedi 21 Avril 2018 à L'Autre Canal, à Nancy! Je lui fais confiance, je sais déjà qu'il va faire monter la fièvre comme il l'avait fait avec Détroit, à deux reprises me concernant.



03/01/2018
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