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Viens, on va parler!


GPA ou l'impossible débat

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En décidant de rédiger un article sur ce sujet, je sais pertinemment que des voix vont s'élever, des dents vont grincer, des dos vont peut-être même se tourner. Mais peu m'importe. Je crois qu'à un moment, il faut avoir le courage de ses opinions, il faut savoir les assumer devant les autres, et tant pis si l'on perd des gens en route. Je suis capable d'entendre les arguments adverses, je ne les cautionne absolument pas, mais pour autant, je n'empêche personne de s'exprimer sur le sujet. Alors j'aimerai que l'inverse soit fait aussi. Après tout, les couples en demande ne sont pas des monstres d'irresponsabilité et la mère porteuse (c'est moche je trouve comme terme, mais c'est ainsi qu'il faut l'appeler) n'est pas une femme en détresse multiple.

 

Devant le soulèvement provoqué par la dernière affaire en date avec ce couple d'Australiens, je ne pouvais plus me taire.

 

Parce que oui, je l'affirme, je suis complètement pour la GPA (et ce, que cela concerne les hétéros ou les homos). Et je trouve que, à l'instar d'autres pays, la France a sur ce sujet un énorme retard (comme sur beaucoup de choses d'ailleurs, me direz-vous). Le seul progrès, si tant est qu'on puisse le nommer ainsi, que la France ait consenti, c'est d'inscrire un enfant né de cette façon dans les registres d'état civil, ce qui n'était pas le cas avant. Mais ne rêvons pas, elle l'a fait uniquement parce qu'elle a été condamnée pour cela. J'ai l'espoir, peut-être naïf, de croire que cet acte posé puisse maintenant ouvrir la porte à d'autres progrès. Mais avec cette interdiction, c'est tout le droit français qui est à revoir. Parce que se cacher aussi fortement derrière le bien-être de l'enfant, quand même, moi, ça me laisse perplexe...

 

J'entends déjà certains ou plutôt certaines rétorquer: "Un ventre n'est pas à louer! On ne fait pas de commerce lorsque cela concerne un enfant! C'est immoral et insensé! Mon corps m'appartient!" etc, etc, etc... Et l'adoption, qu'est-ce donc? Ce n'est pas du commerce?! Laissez-moi rire! L'adoption, en définitive, ça donne juste bonne conscience. 

 

Vous voulez que je vous dise ce que je trouve immoral et insensé? C'est l'étroitesse d'esprit par laquelle s'illustrent bon nombre de français aujourd'hui. C'est aussi l'ignorance avec laquelle ils parlent de cela, sans s'être véritablement renseignés, et surtout sans être aucunement concernés. Parce que oui, il me semble que, pour nombre de ceux qui sont contre, il y a beaucoup de gens qui ont eu ou sont en tout cas en capacité d'avoir un enfant.

 

D'un autre côté, accordons-leur le fait qu'ils ne peuvent pas connaître la douleur de ne pouvoir enfanter... Quel manque de bol, non?! C'est pourtant un sentiment si prenant, qu'il serait utile de le connaitre, pour ouvrir l'esprit...

 

Reste que, à interdire cela, ce seront toujours plus de couples qui se tourneront vers des pays qui autorisent la GPA, et s'y rendront afin de pouvoir réaliser leur désir de parentalité. ET ILS AURONT RAISON!

 

Mais les opposants parlent de dérives. Je  vais vous faire plaisir sur ce coup-là et dire que vous avez raison! Les dérives arrivent... par l'interdiction!!! Bizarre, non?! Mais c'est comme pour toute interdiction finalement.

 

Parce que beaucoup de couples en mal de parentalité sont près à se tourner vers n'importe qui et n'importe quel pays pour cela. Alors qu'il existe des pays et des agences sérieuses pour s'occuper d'eux.

 

Sachez aussi (mais je suppose que vous le savez puisque vous connaissez le sujet et que vous vous êtes renseignés!) que, et c'est notamment le cas aux Etats-Unis et dans les pays européens autorisant la GPA (parce qu'encadrée!), les mères porteuses doivent avoir au moins 35 ans, être mariées, avoir déjà au moins un enfant en bonne santé, et ne plus en vouloir. Elles subissent également toute une batterie de tests et examens médicaux pour éliminer les risques de transmission de maladies génétiques et autres.

 

Et le plus important dans tout ça, c'est qu'elles le font VO-LON-TAI-RE-MENT. Personne ne les force. Elles sont au préalable vu par un psychiatre qui leur font signer un papier ainsi qu'à leur conjoint. Adultes conssentants, de part et d'autre d'ailleurs, ça vous parle ou pas?

 

Mais ça, c'est dans le cas des pays développés, bien sûr... Ce n'est pas le cas par exemple pour la Thaïlande.

 

Après, ces femmes le font pour différentes raisons. La plupart le font par altruisme, pour rendre service, parce qu'elles ont la chance de pouvoir enfanter. Quelles qu'en soient les raisons, qui sommes-nous pour juger ces femmes? Ce n'est pas à vous qu'on a demandé un bébé qui ira à un couple désireux, alors de quoi vous plaignez-vous? 

 

Et puis vous qui êtes contre cette pratique: avez-vous seulement vu les procédures et le temps nécessaires pour adopter? En avez-vous seulement conscience? Posez-vous la question de savoir si vous seriez prêts à entamer ce parcours, à endurer l'attente, les entretiens, les jugements (parce que ce n'est que ça finalement) à votre encontre, les questions gênantes et déstabilisantes, trop précises pour se dire que non, elles ne sont pas orientées, etc... Permettez-moi d'en douter.

 

Parlons aussi un peu du don d'ovocytes, qui baisse considérablement d'année en année en France et qui nécessite, tout comme l'adoption, des années d'attente. Si bien que beaucoup de femmes n'en font même plus la demande.

 

Pour appuyer mon opinion, qui ne date pas d'hier, je me range dans les rangs des soutiens à un éminent, courageux et infiniment respectable gynécologue et obstétricien alsacien en la personne d'Israël Nisand. Homme de convictions (quand on s'intéresse de près à son passé et son histoire familiale, il n'y a rien d'étonnant à cela), je crois que par ses fonctions et son expérience, il est très bien placé, le mieux sans doute, pour savoir de quoi il parle. Je suis son parcours, ses prises de position et ses engagements depuis plusieurs années maintenant. Il est la voix de ceux qu'on n'écoute pas. Et vous devriez vous y intéresser de plus près.

 

Je sais que vous ne changerez pas d'avis et ça tombe bien, parce que moi non plus!

 

Au final, si j'avais à choisir un jour entre l'adoption et une mère porteuse, je pense que vous pouvez avoir là une petite idée de mon choix...


07/08/2014
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Le tatouage: embellissement ou mutilation?

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Je ne pouvais pas passer à côté d'un article sur ce sujet passionnant qui me tient à cœur!

 

J'ai découvert bouche bée l'art du tatouage alors que j'avais peut-être 14 ans. Dès cet instant, j'ai juré qu'un jour, moi aussi, je me ferai tatouer...

 

La réflexion a mis du temps à se concrétiser puisque je n'ai sauté le pas que l'année dernière pour un premier tatouage, freinée par la peur de la douleur. Et puis je voulais être sûre du dessin, trace indélébile de ce que je suis (devenue). J'ai récidivé pour un 2ème il y a quelques jours. Mais que n'ai-je pas entendu à propos de cette pratique, de ce milieu et des gens qui y évoluent...

 

Alors dans cet article je déconstruirai les préjugés qui règnent encore trop souvent dans les conversations et les esprits de ceux qui ne connaissent pas.

 

Mais tout d'abord, un peu d'histoire! Passons en revue les principaux courants: avant d'être le tatouage sous la forme sous laquelle on le connait, sachez que cette pratique existe depuis le néolithique.

 

Puis c'est en Égypte que des tatouages ont été retrouvés sur des momies. A cette époque, le tatouage servait à identifier esclaves et criminels.

 

On distingue aussi le tatouage en Polynésie ou en Nouvelle-Zélande, où celui-ci est avant tout une affaire de marque religieuse et d'appartenance à une classe sociale élevée. Tout comme le tatouage chez les indiens d'Amérique, considéré comme un véritable habit.

 

Au contraire de ces peuples, au Japon le tatouage était une marque très mal considérée. Elle signifiait le signe de punition pour les criminels. Il était également signe de mauvaises mœurs.

 

Cet art a évolué au cours des époques pour devenir ce qu'il est aujourd'hui dans notre époque actuelle: un véritable bijou, une seconde peau, une partie de soi, de ce que l'on est.

 

C'est là qu'il est primordial pour moi de déconstruire tout de suite une idée reçue: NON, le tatouage n'est pas réservé qu'aux grosses brutes épaisses, aux motards aux cheveux gras, transpirants, avides de bières et de Johnny Hallyday! NON, les tatoués ne sont pas des gens violents, des métalleux qui écoutent des musiques à vous mettre la tension à 17 à longueur de temps en proférant des injures sataniques!

 

Le tatouage se démocratisent, et alors qu'artistes, sportifs et autres arborent ces dessins, de plus en plus de personnes lambda sautent le pas, à tout âge.

 

Là où certains esprits étriqués et mal renseignés y voient un acte de mutilation du corps, trouvent ça too much, certains autres, dont je suis, ont pris conscience du pouvoir de l'art du tatouage sur l'esprit. Effectivement, avant de me faire tatouer, je n'imaginais pas à quel point franchir ce pas pouvait changer la vie. La mienne en l'occurrence...

 

Étonnamment, je suis vite passée au-delà du phénomène de douleur, pas si importante que ça en définitive. Mais plus que tout, j'ai ressenti les "effets" du tatouages quelques jours après. J'ai commencé à aimer ce que je voyais dans le miroir. Moi qui ai toujours eu du mal avec mon corps, je me suis mise à me trouver "pas mal"! J'étais si fière et trouvais ce dessin si beau, que j'avais l'impression qu'il se voyait même à travers mes vêtements. Cela a été le déclencheur pour commencer à prendre un peu plus soin de moi, notamment par la muscu, pour sinon m'aimer, au moins m'accepter, accepter que je puisse plaire aux autres et essayer de me laisser un peu porter par les choses et les gens, ajouter un peu plus de légèreté dans ma vie.

 

Parce que quoi qu'on puisse en dire, le tatouage est bien plus qu'un art, c'est une philosophie. Ce milieu possède ses codes, son langage, ses musiques, sa façon d'être, de penser et de s'habiller. C'est un monde à part, qui ne ressemble à aucun autre, où personne ne se ressemble et où pourtant personne n'est de trop ou à part, étrange. C'est un monde où les choses vont bien au-delà de la simple apparence.

 

Les plus douillets d'entre vous vont surement me parler de la douleur! Eh bien je vous dirai que mon premier tatouage à l'épaule il y a un an s'est très bien déroulé. Moi qui avais si peur de cette fichue douleur, je dois vous dire que c'est vraiment supportable, léger. Puis je suis passée au tatouage sur le bras il y a quelques semaines. Sans mentir, cet endroit étant un peu plus sensible que l'épaule, c'était un tout petit peu plus douloureux, mais rien d'insurmontable non plus!

 

Je m'étais jurée de ne me faire tatouer qu'une fois. Et puis en sortant du salon la première fois, portée par le professionnalisme et la sympathie, le fun de mon tatoueur, l'ambiance dans ce salon, et parce que je n'avais pas sur moi tout ces symboles qui font que je suis moi, je savais qu'un deuxième serait au programme. Parce que le tatouage messieurs, dames, eh bien c'est addictif! Même la douleur passe au second plan et devient elle aussi addictive, comme si elle faisait partie du "package" d'un moment tatouage réussi.

 

Aujourd'hui j'ai sur la peau les dessins que je voulais, dont j'avais besoin même. Alors pour le moment je ne me ferai pas tatouer autre chose. Mais je suis bien incapable de vous jurer que je ne me ferai plus jamais tatouer!!!

 

Acte important dans une vie, j'attire votre attention pour finir cet article sur le choix du dessin. Il n'est clairement pas à prendre à la légère. Vous le garderez toute votre vie. Demandez conseil au tatoueur qui se fera un plaisir de vous conseiller. Il est extrêmement important aussi de s'attarder sur les normes d'hygiène et de propreté du salon que vous aurez choisi. Le matériel doit être ouvert devant vous, les dates doivent vous être présentées.

 

Avec tout ça, j'espère vous avoir fait changer d'avis sur cet art pour les uns, et donné envie de sauter le pas pour les autres! Dites-moi ce qu'il en est à l'occasion! ;-)


23/03/2014
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"L'affaire" Indochine: entre ferme intention de désinformation et vraie langue de bois...

 

Indochine - College Boy

 

Rêveurs, rêveuses, ce soir c'est un coup de gueule que je viens pousser.

 

En effet, vous n'avez sans doute pas pu échapper à la radio ou à la TV à la polémique née suite à la sortie hier du nouveau clip d'Indochine,  qui illustre leur chanson "College Boy".

 

Avant de le visionner, j'ai pu lire un peu partout qu'il est "choquant", "caricatural", "ultra violent". La curiosité et le réel intérêt que je porte au groupe depuis plus de 10 ans m'ont fait me jeter sur le clip.

 

Verdict: des coups, du sang, des scènes de crucifixion, d'électrocution. Alors oui c'est violent, oui c'est choquant. Mais non, ce n'est pas caricatural. Très loin de là.

 

Quoi que choquant n'est peut-être pas le mot. C'est simplement la triste réalité de jeunes ados victimes de harcèlement à l'école, notamment dans le cadre d'une homosexualité.

 

Vous êtes choqués parce que vous pensiez que ce genre de choses n'existent pas? Pauvres de vous...

 

Alors à ces "culs serrés" qui s'offusquent des réalités d'une société qui va à vau-l'eau, ces gens qui refusent de voir mais qui savent tout, allez dire à une victime que tout ça est caricatural. La leçon de vie qu'elle vous filera en retour vous remettra sûrement vos esprits étriqués et malsains en place.

 

De son propre aveu, Nicola Sirkis sait que son clip, réalisé par le québécois Xavier Dolan, ne peut pas être montré à des enfants. Il ne nie pas, c'est vrai. Mais comme il l'explique clairement, ce clip, bien qu'il savait qu'il choquerait, n'a pas été construit dans ce but ni dans celui de faire du buzz. Chose dont le groupe n'a absolument pas besoin. L'argument de l'outil pédagogique se défend parfaitement, à l'image de ces spots publicitaires de la sécurité routière, bien trop courts d'ailleurs pour marquer le plus petit esprit, aussi évolué soit-il.

 

Par la censure exercée par les médias et surtout par le CSA, c'est flagrant,  il y a une réelle volonté de désinformation de la population, d'entretenir l'esprit "mouton de Panurge" initié sournoisement (pour certains en tout cas, trop bêtes pour s'en rendre compte) depuis bien trop longtemps d'ailleurs.

 

Pour preuve, au Québec le clip n'a pas suscité cette levée de bouclier, et au passage, je crois que ça les fait doucement rigoler.

 

Pour étayer ses arguments, museler la liberté d'expression et le réveil des consciences, le CSA martèle que ce sont "en majorité des adolescents qui écoutent leur musique". Excusez-moi, je vais rire et je reviens! Si Indochine brille depuis plus de 30 ans, ce n'est pas que grâce à des ados!

 

Par contre, voir des rappeurs proférer des insultes, des paroles haineuses, avoir des gestes immondes dans leurs clips sur des femmes réduites à l'état d'objet sexuel et qui se trémoussent comme des filles de petite vertu, ça on laisse passer... Et que dire de ces JT qui nous inondent d'images toutes plus horribles les unes que les autres. Bien plus horribles... Parce que pour manipuler et monter en épingle des choses qui n'ont pas lieu de l'être, il n'y a pas plus efficace que les médias... Drôle de société qui, en plus de désinformer, se trompe de cible. Pire encore, pratique au nez des citoyens une langue de bois insultante.

 

Pour imprimer une idée dans l'esprit des gens, les faire réagir, penser, bouger (peut-être), il n'y a que les images chocs qui puissent fonctionner. Pour preuve: quand a-t-on parlé de harcèlement à l'école récemment? Je ne m'en souviens plus, ça doit remonter à loin et ça n'a pas du avoir une portée conséquente... Comme quoi, on parle, on parle... et puis quoi après? Rien. Le néant. L'oubli, la solitude et les souffrances au bout d'un tunnel parfois infini, sans lumière au bout. Ou tout juste celle qui vous signale que vous êtes sur le point de passer de l'autre côté.

 

Mais avec tout ça, l'aspect esthétique a été complètement oublié. Et il n'y a rien à en dire, du moins ce sera bref, puisque la réalisation est soignée et surtout les images véhiculent des messages forts, avec ce noir et blanc qui intensifie tout.

 

Si vous lisez cet article, comme d'autres sur la toile, je vous prie de bien réfléchir avant de choisir de partager telle ou telle opinion. Il y a péril (jaune) en la demeure si nous ne nous réveillons pas. En tout cas aussi longtemps qu'Indochine existera, les choses seront dénoncées avec toute la poésie qu'on connait à Nicola et je serai là pour les écouter... Go, les boys, go. Vous avez eu raison d'oser. Merci pour ça...


03/05/2013
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10 Avril 2012: Décider de mourir, « ça se discute », c’est « toute une histoire », mais au final « c’est mon choix »!

 

Avant de commencer, et histoire d’introduire le sujet tout en légèreté,  je vous demande de m’excuser pour la facilité du titre de cet article et du même coup, de m’excuser également pour mes références télévisuelles!

 

Pour autant, après avoir vu ce soir un reportage sur la mort de l’ancien président français François Mitterrand au JT, je me demande quand va cesser cette hypocrisie qui règne autour du sujet relatif à la fin de vie. Et ce d’ailleurs qu’on soit un illustre personnage ou pas. Je dirai même que le sujet prend toute son importance surtout lorsqu’on est un citoyen lambda. Dois-je comprendre par là que la vie d’un personnage connu vaut plus qu’on se penche sur son sort qu’une « personne du peuple »? Voilà déjà quelque chose qui me chiffonne…

 

Je n’exposerai ici que mon humble avis sur le sujet.

 

En premier lieu, je trouve que ce terme « euthanasie » n’est pas approprié pour un être humain. Déjà que pour un animal j’ai du mal, mais là, je trouve ça violent, inhumain. Je préfère largement parler de « droit de mourir dans la dignité » ou d’ »assistance à la fin de vie ».

 

Etant très impliquée et concernée par ce sujet, j’ai eu la chance de pouvoir en parler avec le président d’une association qui se bat pour cette noble cause. J’en suis régulièrement les (bien maigres) évolutions, j’en parle autour de moi, suis ce qui se fait à l’étranger. D’ailleurs je trouve scandaleux qu’il faille migrer en Suisse ou en Belgique pour espérer trouver l’apaisement dans les derniers moments, cruciaux on le sait. Je trouve que d’infliger ça à des personnes souffrantes et leurs familles constitue une humiliation supplémentaire. Au lieu de pouvoir profiter simplement, dignement et en toute quiétude de ces derniers instants, il leurs faut gérer de la paperasse, des déplacements. Et surtout de la culpabilité aussi puisqu’on fait tout pour les faire passer pour des criminels.

 

Il faut également, et en premier sans doute, pointer du doigt nos courageux politiques incapables d’imposer ou tout au moins initier ne serait-ce qu’une simple réflexion pour faire tenter d’avancer la chose. Ils préfèrent tout simplement éluder le sujet. Bien sûr que c’est une pratique à encadrer, bien sûr qu’il faut analyser les choses au cas par cas. C’est, au contraire, du manque d’encadrement et de la clandestinité de l’acte que viennent les abus. Mais ça visiblement, ça en dépasse plus d’un.

 

Ancienne étudiante de filière sociale, j’ai pu aussi aborder ce sujet à l’école et sur le terrain. J’ai également voulu, dans la possibilité d’effectuer mon mémoire de fin d’année, en faire mon sujet d’étude. Et déjà là, les écueils étaient nombreux. Je me suis rendue compte à quel point au sein même du milieu médical on ne parlait pas de ça, tant les travailleurs sociaux que les médecins ou les infirmières. Pire même, on ne prend absolument pas en considération la parole du patient. Je me souviens notamment d’une vieille dame qui a clairement verbalisé le fait qu’elle voulait mourir. Gentille stagiaire que j’étais, je m’en vais en parler à ma responsable de stage et à l’équipe soignante. Pour toute réponse, j’ai eu droit à: « Oh ne l’écoute surtout pas, elle délire complètement! »!!!! Tout simplement effarant!

 

Il existe une commission qui « réfléchit » au sujet, comme il existe des commissions internes aux établissements de soins qui « examinent » les demandes des patients qui souhaitent en finir avec la souffrance. Mais il va falloir qu’on m’explique: réfléchir à quoi??? Examiner quoi??? A partir du moment où on sait la situation désespérée, la personne condamnée, souffrante en plus, que cette personne à expressément demander à mourir auprès du personnel soignant ou via un écrit, de quel droit ces gens de l’Intelligentsia médicale peuvent se permettre un quelconque avis contraire à ce choix???  Dans ce contexte, qui sont-ils pour juger que personne ne mérite de mourir, que l’on n’a aucun droit de vie ou de mort sur autrui. Je me dis souvent que j’aimerai beaucoup voir leurs réactions s’il s’agissait d’eux-même ou d’un proche!

 

La seule réponse est-elle vraiment de simplement arrêter de nourrir le patient? Permettez-moi de ne pas y croire et de m’insurger contre cette pratique. Pour le coup, ça je trouve que c’est vraiment de la torture, de la maltraitance.

 

Je parlais plus haut de la culpabilité des familles. Lorsqu’on entend dans les médias les affaires de toutes ces courageuses personnes (membres des familles ou personnels soignants) qui passent devant les tribunaux pour avoir courageusement ôter la vie à un père, une mère, un fils, une fille, je ne peux m’empêcher de penser que ces « hommes de lois » sensés délivrer la justice font tout le contraire. On leur fait bien sentir qu’ils sont coupables d’homicides. Mais eux non plus ne sont à leur tour pas accompagnés, alors qu’il s’agit véritablement d’un acte d’amour. Là aussi il y aurait des efforts à faire.

 

D’autant plus que, ne nous leurrons pas, cette pratique est organisée tout les jours, « sous la veste » malheureusement. Mais c’est déjà ça. Attention, je ne cautionne pas cette clandestinité, mais à défaut de mieux…

 

Pour Chantal Sébire, Vincent Humbert et toutes ces autres personnes ayant bénéficié de ce type d’accompagnement, pour toutes celles à venir (et je garde à l’esprit que cela pourrait être moi), il faut continuer à se battre, à affirmer nos positions.

 

Finalement, prolonger la vie dans quel but quand tout est fini? J’ai la triste impression que c’est juste pour continuer à engraisser les laboratoires pharmaceutiques. La santé (ou plutôt la maladie), tout comme la vieillesse et le handicap d’ailleurs, est un business juteux qu’on fait sur le dos de gens et de familles désemparés…

 

Je n’ai pas demandé à naître, je ne vois pas pourquoi je n’aurai pas droit de décider de ma propre mort…

 

J’ai conscience que cet article pourra peut-être choquer par sa position, mais susciter une réaction c’est déjà bien mieux que de rester là, sans rien faire ou rien penser, voire d’ignorer le problème comme le font déjà si bien certains, ainsi que je l’ai dit plus haut.

 

Mais d’ici à ce que quelque chose soit fait, dormez en paix, le changement n’est pas pour demain… Malheureusement…


27/03/2013
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5 Avril 2012: Bertrand Cantat: son retour musical annoncé…

 

Après avoir présenté une chronique sur le sujet dans notre émission « Le Mercredi c’est Graoully », que les fidèles auditeurs n’auront bien sûr pas manqué, je décide d’en faire un article.

 

J’ai choisi de parler de quelqu’un qui, je le sais d’avance, ne va pas manquer de susciter de vives réactions. J’entends déjà, notamment, les féministes de tout bords!

 

Mais je crois qu’avant de me lancer dans une chronique purement musicale, il va d’abord me falloir faire un point: je ne parlerai pas ici de l’homme, mais bien de l’artiste. Bien sûr que ce qu’il a fait est innommable, inexcusable. Je ne cherche aucunement à lui attribuer de quelconques circonstances atténuantes. Je ne cherche pas non plus à défendre Marie Trintignant. Bien sûr qu’aucune femme ne mérite qu’on lève la main sur elle. C’est une évidence. Mais je crois que la faire passer pour sainte et pauvre victime innocente de la folie d’un homme est chose bien hâtive. S’est-on jamais posé la question de savoir si elle n’avait pas un peu de responsabilités aussi dans cette nuit de violence? Je me garderai bien de répondre en faveur de l’un ou de l’autre, n’ayant pas été sur place.

 

Mais maintenant il faut bien se dire que, tel un condamné lambda, il a payé et purgé sa peine de prison, a bénéficié des mêmes droits et devoirs qu’un autre. Il a également, je le rappelle, perdu sa femme Kristina, qui s’est suicidée en 2010. Je pense que de toute manière il sera psychologiquement emprisonné toute sa vie. Quoi qu’il fasse, je crois que ce passé lui collera à la peau à vie. « Tant mieux » diront certains. « Maintenant, qu’on lui foute la paix » diront d’autres. Je rappelle enfin que, de toute façon, il est soumis à l’obligation (et c’est sans doute mieux ainsi) de ne pas évoquer ce drame en public.

 

A partir de là, il appartient à chacun de penser ce qu’il veut.

 

Reste que, si l’on s’en retourne à des considérations purement musicales, ce qui est bien le but ici, on ne peut nier que Bertrand Cantat a fait Noir Désir, qu’il en était l’âme, que Noir Désir a été, est et restera le plus grand groupe de rock français. En tout cas il en est ainsi pour moi. Tout un chacun a pu sans doute se reconnaître au moins une fois dans un de leurs textes.

 

Pour autant, je trouve sévère ces gens qui ont annulé sa venue dans divers festivals ou ces autres qui lui en ont purement et simplement interdit l’accès. Ou bien encore ceux qui jugent sans réelle objectivité. Tout cela me semble à l’opposé de la démocratie.

 

La musique lui sert véritablement de thérapie. C’est dans ce contexte qu’on a appris son retour dans le milieu de la musique, avec un album prévu pour 2013.

 

Il a d’ores et déjà annoncé un album très personnel, dont il parle en ces termes: « Le plus beau, le plus réussit de ma carrière. Le plus vrai », selon les propos recueillis par quelques journaux.

 

Certains morceaux sortis récemment offrent à écouter de belles et surprenantes collaborations, qui ont donné naissance à de chouettes duos: Shaka Ponk, Amadou et Mariam, Eiffel ou encore Wajdi Mouawad. Autant de noms qui donnent l’eau à la bouche.

 

Gageons que cette renaissance artistique saura être appréciée et justement jugée par les fans de la première heure!


27/03/2013
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