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Pour vos cages à miel...


Indochine ou la 13ème réussite

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Tout a commencé cet été, le 8 Juin précisément, alors qu'Indochine nous faisait découvrir le premier titre de leur nouvel opus, "La vie est belle", sur le plateau de l'émission "Quotidien". Puis est arrivé le clip, réalisé par Asia Argento, le 17 Août. Un peu plus tôt dans l'été, le 21 Juin, les places mises en vente pour leur tournée qui ne commencera pourtant qu'en 2018, se sont vendues comme des petits pains.

 

C'est finalement ce 8 Septembre qu'est sorti le très attendu "13", le 13ème album du groupe. La fin d'une très longue attente pour les fans, dont je suis.

 

 

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Lors de la présentation du premier titre, j'avais d'emblée été séduite par la mélodie et aussi surtout, vous le savez si vous me lisez régulièrement, par les mots. Ce texte a fait tout de suite écho dans mon esprit pour mille raisons. Lorsque j'ai découvert le clip, d'une esthétique impeccable, brut mais sensible, la claque fut encore plus grande. En effet, il sert à merveille les mots chantés par Nicola Sirkis et les boys. Je vous laisse juger par vous-mêmes en allant visionner le clip. Cela laissait d'ores et déjà présager un retour fracassant. Même si j'ai eu cette appréhension de voir ressurgir une polémique pareille à celle qui avait été de rigueur lors de la sortie de "College boy". Rappelez-vous, je vous en avais parlé dans cet article. Heureusement, rien de tout ça et c'est heureux, malgré l'interdiction posée aux mineurs pour son visionnage.

 

Ce matin, le coffret est enfin arrivé par ce pauvre postier à qui j'ai presque arraché le gros carton des mains!

 

Que dire?... Comme d'habitude, Indochine ne s'est pas moqué des fans. Les éléments qui composent ce superbe coffret sont aussi beaux que variés: foulard, ballons, photobook - cartes postales, poster et, coup de génie, un walkman avec l'album en version K7 dans sa jolie pochette. Pour la nostalgique que je suis, cette idée ne pouvait être que la bienvenue! La qualité est encore bien égale à la quantité.

 

Pour ce qui est de l'esthétique du livret, je crois que je n'avais encore rien vu de si beau (et pourtant ils nous gâtent à chaque fois!). Chaque chanson est illustrée. Celles-ci sont elles-mêmes entrecoupées de photos d'Erwin Olaf, photographe néerlandais dont je ne connaissais absolument pas le travail. En voyant ce qu'il a fait pour cet album, je me dis qu'il est peut-être temps de s'y pencher! L'idée de faire figurer des enfants sur les photos est une excellente idée. Elle laisse toute la place aux diverses interprétations que je soumets à votre imagination ou plutôt réflexion. Quand on sait qui est Nicola Sirkis, on ne doit pas avoir trop de difficultés!

 

Mais que contient donc musicalement cet album?

 

Je vais d'abord faire une petite digression, si vous me le permettez! Vous savez, s'il y a une chose que j'aime chez Indochine, c'est qu'à chaque album j'apprends des choses nouvelles. Parce que chacun d'eux est une mine de références culturelles, n'en déplaise à celles et ceux qui aiment à dire que les textes n'ont aucun fondement ni sens et que Nicola Sirkis est inculte. Lorsque j'ai découvert Indochine, c'était à l'époque de l'album "Paradize". J'avais alors 15 ans. Petit à petit, grâce aux textes de Nicola, au fil des albums, j'ai étoffé mes références culturelles, qu'elles soient littéraires, picturales, musicales... Et ce ne sont pas tous les groupes qui peuvent se targuer "d'éduquer", faire réfléchir leur public en même temps qu'il le divertit.

 

Cette fois encore, je me laisse volontiers éduquer par les textes. Dans cet album, je découvre Henry Darger. Un personnage qui semble passionnant par sa vie et sa personnalité, atypiques, pour le peu que j'en ai lu en allant me renseigner sur le Net. Mais on comprend déjà beaucoup de choses.

 

Je vous le dis tout net: cet opus est magistral. Je trouve, mais ce n'est qu'un avis personnel, que c'est le meilleur de leur longue carrière, alors que jusque-là dans mon palmarès personnel se dressaient en tête deux pépites: "Alice & June" et "La République des Météors".

 

J'ai toujours pu, ici ou là, me (re)trouver dans une phrase ou dans l'entièreté de certains titres. Cette fois c'est quasiment tout l'album qui me parle! Je trouve que, pour la première fois, on a accès à l'intimité de Nicola Sirkis, en totale transparence. Jamais les textes n'ont été aussi clairs, explicites, cash. Et donc jamais aussi proches de nos émotions de simples mortels. On y perçoit ses forces, mais surtout ses fragilités, ses fêlures les plus intimes et bien sûr, toujours, ses engagements profonds.

 

Les thèmes quant à eux sont, comme à l'habitude, pétris d'universalité: on y retrouve les questions relatives à la sexualité, au genre. Mais il est aussi question de combats, de féminisme, de politique. C'est aussi lumineux que sombre, aussi optimiste que pessimiste. Les nuances froides côtoient les nuances chaudes. Le noir et blanc se mélange aux couleurs. L'amour se frotte à la haine.

 

Parmi mes titres "coups de cœur" figurent "La vie est belle" bien sûr, mais aussi "Kimono dans l'ambulance", "Tom Boy", et SURTOUT "Karma Girls" autant que "Song for a Dream". Ces deux derniers m'ont littéralement bouleversés par la force et la décharge émotionnelle qu'ils instillent à l'intérieur. Mention spéciale également pour "Trump le monde", véritable pamphlet, néanmoins poétique, contre le Président américain. Comme peut l'être "Un été français" d'ailleurs. Avec cette voix, toujours si prenante, familière et impeccable...

 

Indochine avait promis un album dansant: promesse tenue! Les sons sont actuels tout en faisant un appréciable retour vers un son gonflé de synthé comme au début. Je vais être franche, je n'avais qu'une peur: que le jeu de batterie de Ludwig Dahlberg change radicalement les choses et que ça ne ressemble plus, ou que ce soit trop éloigné de ce que faisait Mr Shoes. Parce qu'on peut dire ce qu'on veut: un musicien qui change et le son peut être radicalement différent. J'en ai eu la preuve après le départ de John Frusciante, guitariste au sein des Red Hot Chili Peppers. Craintes rapidement dissipées, ouf! Bravo, c'est propre, net. Belle relève pour lui qui a su prendre sa propre place en suivant la progression naturelle du groupe sans rien dénaturer.

 

Le second CD, fait notamment de remixes de "Station 13", "Henry Darger" et "Un été français", est surprenant! Je n'aurais pas cru que rock rimerait si bien avec électro. Mais bon, lorsqu'on fait appel à Joachim Garraud, Vitalic et Talisco pour les plus connus, il n'y a plus qu'à s'incliner!

 

Indochine avait aussi promis des morceaux longs, ce qui générait chez moi quelques craintes, n'étant pas très amatrice de cela. Pourtant, étonnamment, point de longueur en vue! Tout passe sans aucun accroc!

 

Pour résumer, c'est un coup de maître que réalise le groupe avec "13". Il n'y a rien que je n'ai pas aimé dans ce nouvel album.

 

Il n'y a guère que mon chat finalement (le bien nommé Sirkis, pour rappel!), qui n'ait pas aimé cet album!

 

Plus sérieusement, en live ces nouveaux titres promettent de beaux moments de folie. Je n'ai qu'une hâte: arriver à cette date du 25 Mai 2018, où Indochine se produira au Galaxie d'Amnéville, déjà sold out! Et puis naturellement, on se prend à rêver d'un nouveau Stade de France... Ne me dites pas que vous n'y aviez pas pensé!

 

Décidément, avec Indo, la vie est vraiment bien plus belle!


11/09/2017
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Train is back!

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J'avais laissé Train lors de la sortie de leur dernier album en 2014. Un bien bel album d'ailleurs, que j'avais chroniqué ICI. Le 27 Janvier 2017, ça y est, enfin, leur nouvel  album sortait, mais cette fois sans Jimmy Stafford à la guitare! Il est intitulé  A girl, a bottle, a boat.

 

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'à la première écoute j'ai été désarçonnée non seulement par la multitude de sons et d'influences musicales qui s'y trouvait, mais qu'en plus il semblerait que le groupe ait décidé de prendre un virage moins rock, et résolument plus pop, dance, électro, hip hop, raggae parfois. A la première écoute ça m'a paru riche et intéressant, certes, mais sans logique, un peu brouillon.

 

Du côté des thèmes, on reste sur ce que le groupe a toujours exploré, à savoir l'amour, l'alcool parfois, ou la femme sur un des titres. Ce sont des thèmes, et de façon générale un album, faits pour célébrer la fête, la vie, la joie. Effectivement, on a vite envie de se lever pour danser ou au moins de remuer si on est assis!

 

Voilà donc un nouvel opus qui s'apprivoise, car...

 

Finalement, après l'avoir écouté plusieurs fois, même s'il semble plus commercial et taillé pour les radios, je me suis surprise à l'adorer autant que les autres! Oui, la magie a encore une fois opéré! 

 

Ceci vient notamment de la voix du chanteur et leader Pat Monahan. Cette voix nasale, tantôt haut perchée, tantôt dans les graves, ne peut laisser indifférents ceux qui comme moi aiment ce genre de voix. Alors lorsqu'on l'entend, peu importe ce qu'il chante, c'est un peu un doux élément familier qu'on retrouve. C'est comme le phare qui fait retrouver la route, le droit chemin.

 

C'est peut-être cette diversité d'influences, la même qui m'a désarçonnée au début, qui me plait dans cet album. Le côté commercial est en définitive le seul reproche que je puisse lui faire. Après tout, on pourra penser qu'avec ce virage Train a su se renouveler, évoluer et ne pas rester figé dans ce qu'ils ont toujours fait. C'est  déjà quelque chose de vraiment honorable.

 

De plus, il m'offre, sur la dernière piste, un véritable coup de cœur avec la chanson You better believe

 

Train reste donc pour moi un groupe incontournable de la scène musicale internationale, que je vous invite à découvrir si vous ne connaissez pas, que je continuerai à écouter et suivre avec plaisir, en espérant follement pouvoir les voir un jour sur scène...


19/04/2017
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Please welcome... Lady Sir!

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Mais jusqu'où ira Gaëtan Roussel?!

 

Après le triomphe de Louise Attaque, de ses projets avec Tarmac ou en solo, puis son retour plus qu'attendu et encore triomphal avec Louise Attaque, puis récemment son recueil de nouvelles (dont je vous parlerai dans quelques jours, le temps d'en finir la lecture), le voilà maintenant dans un beau duo avec Rachida Brakni, sous le nom de Lady Sir. L'album, sorti le 14 Avril 2017, s'intitule Accidentally Yours.

 

J'avais découvert petit à petit et avec surprise, au gré des publications sur la page officielle du duo, quelques titres qui, dès la première écoute, m'enchantent sans possibilité de m'en défaire. Notamment un de mes titres préférés:  Le temps passe.

 

Lady Sir c'est bien plus qu'un projet musical. C'est avant tout un projet culturel, puisque les deux Artistes y chantent non seulement en français, mais aussi en anglais et en arabe.

 

Alliance improbable pour les uns, logique pour les autres dont je suis, quand on connait l'ouverture d'esprit et culturelle de ces deux Artistes multicartes, leur culture musicale propre. Le projet est une réussite de plus à accorder à Gaëtan Roussel, que je considère à titre personnel comme un génie de la poésie et de la chanson française.

 

Dans cet album, les deux voix, les mots et les langues se complètent et se marient à merveille, se répondent au milieu de mélodies regorgeant de sons rock entremêlés de douceur et de chaleur. On se met alors à entendre, sentir et voir des choses qui emmènent ailleurs, font voyager. C'est un album qui éveille les sens, c'est le moins qu'on puisse en dire!

 

J'ai beau avoir entendu mille et une fois la voix de Gaëtan Roussel depuis que j'ai 15 ans (au siècle dernier, donc!), écoute après écoute je me rends compte que je n'en ai toujours pas exploré et découvert toute la beauté et toutes les possibilités. Je découvre encore avec bonheur des accents, des tessitures, des nuances qui me font frissonner.

 

La voix grave et suave de Rachida Brakni , qui susurre parfois, n'est absolument pas en reste ou de trop. Au contraire, elle vient appuyer pour sublimer.

 

Cet album donne un ensemble éclectique et électrique, entrecoupé de ballades. C'est élégant, délicat, gracieux. Audacieux aussi. 

 

Un mot encore sur la pochette, signée Yann Orhan (mais oui, vous savez qui c'est!). Esthétique, moderne, mystérieuse, elle offre à l'intérieur de très belles photos. Les paroles des chansons aussi. Et pour notre plus grand bonheur, les parties chantées en arabe sont traduites.

 

Je n'attends plus maintenant que de pouvoir les voir sur scène, pour en apprécier encore plus les sons et les mots.

 

Je vous encourage à écouter cette nouveauté qui, je l'espère, aura une suite aussi belle que ce début...


19/04/2017
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"Les choses défendues": le Cali nouveau est arrivé!

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En ouvrant cet après-midi le colis qui contenait le Précieux sorti aujourd'hui même et en le découvrant, j'ai éclaté bêtement de rire, seule au milieu de mon salon, traversée par une pensée qui me soufflait: "Putain! Évidemment, y'avait vraiment que toi de dispo pour t'appeler Eve et tenir entre tes mains Les choses défendues!!!" Au moins, me voilà raccord avec la légende! Encore un moment unique comme lui seul sait les provoquer sans le faire exprès! Merci Cali!

 

Mais... je n'ai pas ri longtemps... A vrai dire l'émotion m'a prise dès les premières notes. Satanée hémorragie oculaire! Une poussière qui passait par là, sans doute...! Je retrouve sans peine l'émotion que j'avais ressentie les deux premiers soirs de démarrage de cette tournée seul en scène, qui bat son plein en ce moment d'ailleurs, lorsqu'il avait dévoilé quelques titres...

 

Dès la première écoute, des coups de cœur très nets et forts se sont immédiatement imposés à moi, à l'image de Sweetie, formidable et tendre déclaration d'amour comme il n'en existe pas des centaines mais comme lui sait si bien les écrire. Il a ces mots uniques, ces tournures de phrases, cette façon de les assembler, les faire sonner, si reconnaissables, que ce soit pour décrire un quotidien, raconter l'indicible ou magnifier des sentiments qui dépassent la raison. Et que dire d'Annie Girardot?... Cali avait déjà traité de la fin de vie dans le titre Je dois te dire tout ça, sur L'âge d'or, son précédent album. C'est toujours avec la même pudeur, la même sensibilité qu'il aborde cette fois le deuil. Elle a mal... ou la douleur des maltraitances faites aux femmes. Ce titre est grandiose de violence, rendue plus forte encore par la poésie écorchée et le texte ciselé telle une pièce de dentelle. Tout du moins autant de poésie qu'il soit possible d'en mettre sur le sujet. J'ai été sensible au Mariage également, titre à la fois dansant et délicat, amplifié par le timbre de voix sur le fil d'Annika Grill. Pour reprendre mon souffle entre deux larmes, j'ai senti en moi monter comme une fierté non dissimulée d'être messine lorsqu'a résonné A deux pas! Qui aurait cru que notre si belle cathédrale, célèbre effectivement pour ses vitraux de Chagall, se retrouverait un jour au cœur d'une œuvre de Cali?! Il est décidément imprévisible! J'en arrive au dernier titre coup de cœur qui ferme l'album, comme un coup au cœur d'ailleurs, avec Montréal 4 a.m. Une de ces histoires où l'on se glisse de force dans la peau d'un homme meurtri et où l'on se surprend à avoir aussi froid et mal que lui, à voir le même paysage, entendre les mêmes bruits et partager cette désolation intérieure...

 

J'aime absolument tous ses albums. Sans exception. Mais dans mon Panthéon personnel des meilleurs albums de Cali, la jolie "truite arc-en-ciel", qui pourrait parfaitement être la petite sœur de ce nouvel opus, n'est plus toute seule désormais. Elle va devoir partager l'espace en moi. Cependant elle aura le droit de jouer avec "les choses défendues". En effet, à l'instar de cette "truite arc-en-ciel", qui fut déroutante pour certains mais pleine d'un souffle nouveau pour d'autres dont je fus, j'ai retrouvé avec joie et émotion ce qui me plait tant: l'atypisme et l'audace aussi de ce nouvel album, qui font tout le charme et la force de la musique de ce grand Artiste, éternel équilibriste des émotions. 

 

Des mots précis, percutants, qui lardent le cœur telle une lame de rasoir vierge, et qui laissent des plaies béantes, suintant autant la joie que la douleur. Ce genre de plaie qui deviendra une cicatrice délicieusement indélébile, pour une raison ou une autre dans l'intime de chaque auditeur, et qu'on ne veut de toute façon surtout pas voir s'effacer. Pour ne rien gâcher, il y a depuis toujours chez Cali des textes qui offrent des double sens et qui sont, de fait, universels. Ce qui donne à l'auditeur la possibilité d'élaborer sa propre interprétation, de créer sa propre histoire, d'y mettre un sens personnel, et ainsi s'approprier mieux encore l'univers de cet Artiste au grand cœur. Et puis il y a ces mélodies, simples au fond, mais merveilleuses, entêtantes, profondes qui accompagnent ce phrasé et cette voix qui ont contribués grandement à me faire basculer il y a longtemps déjà... Ces "choses défendues" sont autant les petites bêtises joyeuses et innocentes d'enfants que les histoires dramatiques des adultes...

 

Encore une fois, dans ce travail façon coup de maître qu'il livre, tout est vrai. Nous, on sait que c'est vrai parce qu'on reconnait tout de ce qu'on aime dans l'univers de Cali. Et parce qu'on voit bien aussi qu'il y a une connexion logique entre ce qu'il dit et ce qu'il est, sur et hors scène. C'est lui, c'est tout, c'est comme ça. Les évidences ne s'expliquent pas. 

 

Bref, il respire cet album, véritable jardin d'Eden. Il y a de la vie et de l'humanisme dedans. Plein de vies différentes même. Avec de la tristesse, de la nostalgie, de la mélancolie, de l'empathie, des combats, quelques regrets, de l'amour déversé par tonnes. Mais surtout beaucoup, beaucoup d'espoir et de lumière. Et puis il m'a semblé aussi que Cali a osé faire ce que nous n'osons pas ou n'avons pas toujours le temps de faire dans nos vies qui filent: laisser parler son enfant intérieur. 

 

En prime, on a le plaisir de se délecter de la présence aux instruments de toute la bande d'immenses musiciens tels que l'inénarable "Fifi" Philippe Entressangle à la batterie, Alain Verderosa à la basse, Julien Lebart au piano, et Robert Johnson aux guitares. Le tout sous la houlette de la grande Edith Fambuena, dont le talent et le professionnalisme ne sont plus à démontrer. Dans cet album, qu'elle a réalisé, elle joue aussi quelques claviers, les guitares additionnelles et a réalisé la programmation. A noter aussi l'empreinte forte laissée par Alexis Anérilles pour certains autres claviers, ainsi que le violon et la mandoline de Steve Wickham sur quelques titres.

 

Je ressors de ce voyage vidée, interpellée et pleine de joie mais définitivement pas indemne. Avec "la truite arc-en-ciel", c'est pour moi probablement là son meilleur album. 

 

Pour vous dire: même en ce qui concerne la pochette (et le livret aussi d'ailleurs), je pense pouvoir dire que ce sont les plus beaux de tous. L'effet "noir & blanc" sans doute, sobre mais qui capte l'essentiel efficacement, surmonté de quelques touches de ciel bleu. L'image devient à son tour un puissant vecteur d'émotions. Un très beau travail que l'on doit à l'Artiste photographe Yann Orhan.

 

Alors puisque "les choses défendues" sont plus que jamais permises, c'est reparti pour plusieurs tours! Allez, tourne petit CD, tourne encore et ne t'arrête pas!...


25/11/2016
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Rover, l'homme qui brille de mille nuances...

Chers lecteurs et lectrices rêveurs et rêveuses,

 

Ce soir je vais vous parler d'un Artiste que j'ai découvert il y a un an et dont j'aurais du vous parler depuis bien longtemps, en la personne du chanteur Rover. Mais par où commencer?... Il y a tant de choses à dire... Si vous ne le connaissez pas encore, alors je vous conseille de continuer à lire cet article. Ne pas le faire serait prendre le risque de passer à côté d'un immense talent et de vous priver d'un certain bonheur.

 

Je l'ai découvert une nuit d'insomnie, dans le magazine Alcaline, diffusé sur France 2. Je n'étais alors pas devant mon petit écran, qui me servait cette nuit-là de bruit de fond pendant que je m'affairais dans une autre pièce de mon cocon. Quand soudain, une voix me poussa, sans que je puisse opposer une quelconque résistance, à me précipiter vers cette lucarne. Une voix à la fois douce mais profonde, apaisante mais puissante. En l'espace de quelques secondes j'ai basculé dans une autre dimension sur une seule chanson, Call my name. Dès le lendemain, sans même avoir cherché à écouter autre chose pour confirmer ce coup de foudre, j'ai foncé acheter ce CD.

 

Mais je découvre que ce beau jeune homme avait un joli, très joli précédent! Inutile de vous dire que je l'ai embarqué aussi, et celui-là sans en connaitre le moindre titre.

 

Ce premier CD, sorti en 2012, est intitulé sobrement Rover.

 

 

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D'emblée, je suis séduite par la pochette, sur laquelle il arbore une posture fière et mystérieuse, paraissant tout aussi craintif que prétentieux, qui n'est pas sans me rappeler Beethoven. Cet album, je l'ai écouté de bout en bout et je dois dire qu'il m'a coupé le souffle. J'y ai retrouvé tout ce que j'aime: des références au lyrisme de la musique classique, un univers romantique, empli d'un spleen très baudelairien, sans pour autant verser dans le dépressif, bien au contraire. Mais j'y ai aussi et surtout trouvé des références rock 60-70 qui m'ont parlées, qui m'ont emmenées en voyage (terme pas vraiment du au hasard!), entre Lou Reed, Bowie, The Beatles et tant d'autres encore sur lesquelles je vous laisse vous faire votre propre idée. Ces mêmes références dont je perçois parfois les accents dans sa voix, tant il semble en être habité. Il y a cette sensation de légèreté, de douce brise constante qui ne me quitte pas, et qui donne à l'auditrice que je suis l'impression de voler sans effort. Et cette voix, bon sang... Rover passe avec une facilité déconcertante d'aigus cristallins à en tutoyer les cieux, à des graves magnifiquement abyssaux. Le genre de truc qui vous en décollerait la peau.

 

Sur cet album, il y a bien sûr, dès la première écoute, des coups de cœur qui se sont clairement imposés. Outre le superbe Aqualast, qui ouvre l'album et dont le gimmick à la guitare vous fera fondre, il m'a plu de me laisser emporter par Lonely Man ou encore Silence To Navigate. Mais il y a aussi mon coup de cœur absolu, le titre qui m'a fait verser des larmes dès les premières secondes: Late Night Love. Ce titre m'a littéralement arraché les tripes, tant j'ai ressenti dans cette voix une certaine souffrance, une douleur.

 

Je ressors de ce CD charmée, enchantée. Je n'arrive à me poser qu'une seule question: comment, à l'époque de sa sortie, ai-je fait pour avoir raté cet album, moi qui suis toujours à l'affût de belles nouveautés?! Je n'ai pourtant pas vécu sur Mars!

 

J'enchaîne sur le dernier-né, intitulé Let It Glow, paru donc à l'époque de ma découverte, en Novembre 2015.

 

 

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Album qui porte merveilleusement son nom puisque, à l'image du premier, il est... brillant! Plus lumineux, décomplexé quelque part, épuré, j'apprécie toujours autant son univers, auquel il ose cette fois intégrer des touches électro qui se mêlent parfaitement à l'ambiance générale. Comble du bonheur, Rover laisse maintenant chanter sa "vraie voix" sans y laisser entrer ses idoles qu'il n'a toutefois pas cherché à singer sur le précédent. De vrais coups de cœur se dessinent à nouveau, à l'image de titres comme Some Needs (je me rends compte du même coup que décidément, je suis abonnée aux titres coups de cœur qui ouvrent les albums!), ou encore Innerhum ou Call My Name.

 

Ce que j'aime avec Rover, c'est bien le fait qu'il soit inclassable, singulier et surtout inimitable. Grâce à sa musique, il porte la marque des plus grands. Rock? Pop? Je ne saurais dire. Et vous savez quoi?! Je m'en fiche bien! Les étiquettes ne sont tellement rien face au bonheur qu'une musique peut renvoyer!

 

Finalement, sa musique est à son image: mystérieuse et envoûtante. Cette musique qui fait partie de celles qu'on passe et repasse sans jamais se lasser et même mieux, en y découvrant chaque fois quelque chose de nouveau qui nous avait échappé. Elle est aussi sûrement d'une certaine façon une "Madeleine de Proust" pour les nostalgiques d'une certaine époque. D'un certain son aussi, puisqu'il faut rappeler qu'il enregistre tous ses albums en analogique.

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur Rover, rendez-vous sur sa page Facebook, son site officiel ou encore son compte Twitter.

 

Avant de vous laisser, il me reste à vous souhaiter le bonheur intense de le voir un jour sur scène. Ce même bonheur qui m'est arrivé le 11 Mai 2016 et dont vous pouvez désormais lire le récit ici!


20/11/2016
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